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Société
canadienne de la sclérose en plaques
Mémoire présenté au Sous-comité sur
la condition des personnes handicapées du Comité permanent
du développement des ressources humaines et de la condition
des personnes handicapées de la Chambre des communes
250, rue Bloor est,
bureau 1000
Toronto (Ontario) M4W 3P9
(416) 922-6065
Courriel : info@mssociety.ca
Site : www.mssociety.ca
4 décembre 2001
INTRODUCTION
Madame la présidente,
Mesdames et messieurs les membres du Sous-comité, nous vous
remercions de nous avoir donné l’occasion de présenter
le point de vue de la Société canadienne de sclérose
en plaques. Certains d’entre vous se souviendront peut-être
que nous avons témoigné devant le Sous-comité
en mai dernier pour discuter de diverses questions concernant la
sécurité du revenu et l’amélioration
de la qualité de vie des personnes souffrant de SP.
Aujourd’hui, nous
sommes devant vous pour vous présenter nos préoccupations
et nos recommandations concernant le crédit d’impôt
pour personnes handicapées.
QUELQUES FAITS
SUR LA SCLÉROSE EN PLAQUES
Comme nous le mentionnions
en mai dernier, 50 000 Canadiens environ souffrent de cette maladie
trop souvent débilitante, ce qui signifie que le Canada a
l’un des plus hauts taux de SP au monde. Deux fois plus de
femmes que d’hommes ont cette maladie et la plupart des personnes
atteintes sont diagnostiquées entre l’âge de
20 et 40 ans. La SP est dont la maladie neurologique la plus répandue
chez les jeunes adultes au Canada.
La SP attaque l’enveloppe
protectrice des nerfs, la myéline, causant des inflammations
et souvent sa destruction partielle. Cette attaque interrompt le
flux normal des impulsions nerveuses. La SP peut ainsi entraîner
des troubles de la vue, des engourdissements, des pertes d’équilibre,
une fatigue extrême et souvent la paralysie.
La SP est cyclique et
imprévisible et est souvent une maladie progressive et dégénérative.
Les malades doivent fréquemment procéder à
un grand nombre d’ajustements pour relever les défis
qu’elle présente. Il arrive que l’on guérisse
spontanément des symptômes et que ceux-ci ne réapparaissent
pas pendant des mois, voire des années. Toutefois, des attaques
imprévisibles peuvent se produire fréquemment causant
des symptômes et des manifestations supplémentaires.
Bien que les causes soient
toujours inconnues et que l’on n’ait pas encore trouvé
de moyen de guérir les malades, quatre médicaments
ont été approuvés, qui peuvent réduire
la fréquence et la sévérité des attaques.
De nombreux symptômes peuvent être allégés
par d’autres médicaments et thérapies.
Historique du crédit
d’impôt pour personnes handicapées
Les personnes handicapées,
notamment les personnes atteintes de SP, sont visées par
deux grandes mesures fiscales fédérales : le crédit
d’impôt pour personnes handicapées et le crédit
d’impôt pour frais médicaux. Le crédit
d’impôt pour personnes handicapées réduit
l’impôt sur le revenu dû aux niveaux fédéral
et provincial d’un maximum de 1 020 $. Le crédit d’impôt
pour frais médicaux fournit un allégement fiscal aux
niveaux fédéral et provincial représentant
environ un quart des dépenses d’ordre médical
admissibles. Finances Canada est responsable de l’application
de la législation relative à ces deux crédits
d’impôt, et l’Agence des douanes et du revenu
du Canada administre les règlements, la politique et l’utilisation
des formulaires.
Il y a plusieurs années,
ces crédits ont été élargis. C’était
un pas dans la bonne direction, mais d’une importance limitée
et ces mesures remontent déjà à un certain
nombre d’années.
Pour savoir quelles améliorations
apporter et quels sont les domaines de préoccupation des
personnes visées, il importe de bien comprendre l’évolution
de ces mesures. En 1944, une déduction pour personnes aveugles
a été créée, reconnaissant les coûts
d’un tel handicap. En 1986, la déduction a été
élargie pour s’appliquer à tous ceux qui sont
obligés « de garder le lit ou de demeurer dans un fauteuil
roulant pendant de longues périodes chaque jour ».
Peu après, la déduction est devenue un crédit
à l’égard de l’impôt sur le revenu
fédéral.
De 1986 à 1990,
les règles et modalités de ce crédit ont de
nouveau été élargies pour toucher les personnes
ayant « une déficience physique ou mentale grave et
prolongée » et « dont la capacité d’accomplir
les activités courantes de la vie quotidienne est limitée
de façon marquée ». Pendant un certain temps,
une politique administrative définissait les expressions
« grave et prolongée » et « limitée
de façon marquée ». En 1991, pour répondre
aux craintes que des personnes insuffisamment handicapées
soient admissibles au crédit d’impôt pour personnes
handicapées, la Loi de l’impôt sur le revenu
a été modifiée pour définir strictement
et clairement l’expression « activités courantes
de la vie quotidienne ».
Aujourd’hui, une
personne qualifiée doit attester que le demandeur a un handicapé
mental ou physique grave qui a pour effet de limiter de façon
marquée sa capacité d’accomplir les activités
courantes de la vie quotidienne. En général, il faut
qu’un médecin praticien atteste que le demandeur, même
lorsqu’il reçoit une thérapie ou utilise des
aides ou des médicaments adéquats, est toujours ou
presque toujours incapable :
- de marcher,
- de parler,
- de percevoir, de penser
et de se souvenir,
- d’entendre,
- de s’alimenter
et de s’habiller, ou
- d’éliminer.
Cette incapacité
mentale ou physique doit être aussi prolongée. Finances
Canada et l’ADRC estiment que, pour être prolongée,
l’incapacité doit se poursuivre sans interruption pendant
au moins 12 mois.
Comme il a déjà
été indiqué et comme l’ont mentionné
d’autres témoins au cours des quelques dernières
semaines, la définition d’admissibilité au crédit
d’impôt pour personnes handicapées est extrêmement
limitée et exclut bien des gens atteints de SP qui doivent
dépenser des sommes importantes en raison de leur handicap.
Le Comité a appris
que des milliers de Canadiens bénéficiant actuellement
du crédit d’impôt pour personnes handicapées
ont reçu une lettre de l’ADRC leur demandant de faire
remplir par un médecin praticien un nouveau formulaire qu’ils
doivent représenter pour examen de manière à
avoir droit au crédit l’an prochain. Chaque jour, notre
bureau et nos bureaux régionaux apprennent d’un nombre
croissant de personnes que ces derniers ont reçu cette lettre.
La lettre et la demande sont très perturbatrices.
Pour nous, le but de
cet examen est vague. Il nous confirme toutefois notre sentiment
que les quelques gains que les personnes handicapées ont
réalisés dans le domaine du soutien du revenu, compte
tenu du coût des handicaps, sont constamment remis en question.
Même s’il y a eu certaines améliorations, comme
je l’ai souligné plus haut, la Société
canadienne de la sclérose en plaques aimerait collaborer
avec le gouvernement à la mise en place de nouvelles mesures
dans ce domaine.
Recommandations
Parce qu’il faut
répondre par des oui ou par des non aux questions posées
dans le formulaire T2201, que les médecins praticiens doivent
remplir pour les patients demandant un crédit d’impôt
pour personnes handicapées, il n’est pas aisé
de décrire la véritable nature et les véritables
effets d’un handicap ou d’une incapacité. Un
handicap ou une incapacité est les effets que ces derniers
ont sur le fonctionnement d’une personne sont complexes et
difficiles à évoquer par un simple oui ou non. Les
professionnels des soins de santé se spécialisent
dans le diagnostic des handicaps physiques ou mentaux et fournissent
des traitements appropriés. Définir l’incidence
débilitante d’une incapacité est beaucoup plus
complexe. Étant donné le format des réponses
à fournir, il n’y a pas beaucoup de place pour la description
de l’effet véritable du handicap sur les activités
courantes de la vie quotidienne.
- Nous recommandons
de modifier le formulaire T2201 pour que celui-ci tienne compte
des lignes directrices et des objectifs de la Loi de l’impôt
sur le revenu de sorte que les critères d’admissibilité
soient appliqués avec équité à toutes
les personnes handicapées.
La définition de handicap aux fins de l’établissement
de l’admissibilité à un crédit d’impôt
pour personnes handicapées n’englobe pas les personnes
atteintes de SP, dont le handicap est substantiel et récurrent.
Actuellement, on exige que les demandeurs aient un handicap prolongé
(continu ou devant durer au moins 12 mois) et sévère.
Ces exigences excluent d’office bien des personnes dont la
SP est cyclique ou épisodique.
- La Société
canadienne de la sclérose en plaques presse le Comité
de recommander une révision des critères d’admissibilité
au crédit d’impôt pour personnes handicapées
de manière à ce que soient admissibles les personnes
ayant un handicap physique ou mental substantiel qui est continu
ou récurrent et devant durer au moins une année.
Le crédit d’impôt pour personnes handicapées
n’est pas remboursable. Il s’applique au revenu imposable
(et réduit donc celui-ci). Cela signifie qu’il ne s’applique
pas aux personnes qui n’ont pas de revenu imposable ou qui
sont à la charge de personnes sans revenu imposable. De ce
fait, bien des gens atteints de SP qui ne peuvent plus travailler
ou n’ont plus de revenu imposable ne peuvent en bénéficier.
De plus, les personnes atteintes de SP ont des dépenses considérables
liées à leur handicap qu’ils pourraient se faire
rembourser si elles avaient un revenu imposable. Parce que les personnes
sans revenu imposable sont généralement au bas de
l’échelle des revenus, cette exclusion leur paraît
injuste.
- La Société
canadienne de la sclérose en plaques presse le Comité
de recommander au gouvernement d’adopter un nouveau crédit
d’impôt pour frais liés à un handicap
remboursable pour remplacer le crédit d’impôt
pour personnes handicapées et le crédit d’impôt
pour frais médicaux et de porter le crédit d’impôt
de 17% à 29 %, à l’intention des bénéficiaires
à revenu faible.
Plus globalement, la
Société canadienne de la sclérose en plaques
presse le Comité de recommander au gouvernement d’apporter
de nouveaux changements importants à la législation
et aux règlements en matière fiscale de manière
à reconnaître de façon plus juste le coût
monétaire des handicaps.
Nous vous remercions
de l’attention que vous nous avez accordée. Nous nous
ferons un plaisir de répondre à vos questions et de
vous fournir à votre convenance tout renseignement supplémentaire
sur la sclérose en plaques et sur le travail de la Société
canadienne de la sclérose en plaques et de ses membres bénévoles.
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