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Programme de
crédit d’impôt pour personnes handicapées
Présentation de
L’Association médicale canadienne (AMC) au Sous comité
sur la condition des personnes handicapées
(Chambre des communes)
29 janvier 2002
HENRY HADDAD, MÉDECIN
EN TITRE, FRCPC
PRÉSIDENT
Leadership pour les médecins…
Santé pour les Canadiens
Leadership for Physicians… Health for Canadians
L’Association médicale
canadienne (AMC) est l’organisation nationale qui représente
les médecins au Canada. Fondée en 1867, l’AMC
a pour mission de répondre aux besoins des médecins
du Canada, et d’en faire un groupe unifié, et de promouvoir
à l’échelle nationale, en partenariat avec les
Canadiens, les normes de santé et de soins de santé
les plus élevées possibles.
Pour le compte de ses
membres et des Canadiens, l’AMC exerce une grande variété
de fonctions, qui consistent notamment à préconiser
des politiques et des stratégies pour la promotion de la
santé et la prévention des maladies/accidents, à
défendre l’accès à des soins de santé
de qualité, à faciliter le changement au sein de la
profession médicale et à donner une orientation et
des instructions aux médecins pour les aider à influencer
et à gérer le changement qui s’opère
dans la prestation des soins de santé, et à s’y
adapter.
L’AMC est une organisation
professionnelle bénévole qui représente la
majorité des médecins du Canada et compte 12 divisions
provinciales et territoriales ainsi que 43 associations médicales
affiliées.
CRÉDIT
D’IMPÔT POUR PERSONNES HANDICAPÉES
Introduction
L’Association médicale
canadienne (AMC) est heureuse de se présenter devant le Sous
comité sur la condition des personnes handicapées
pour traiter des questions liées au crédit d’impôt
pour personnes handicapées (CIPH). Cette mesure fiscale,
qui montre que le gouvernement fédéral reconnaît
que les personnes ayant une déficience grave peuvent en conséquence
avoir un revenu réduit, ou des dépenses importantes,
ou les deux, comparativement aux personnes non handicapées
[1],
permet de tenir compte des investissements irrécupérables
liés à une déficience grave et prolongée.
Il tient également compte des dépenses liées
à une déficience qui ne sont pas énumérées
aux fins de la déduction pour frais médicaux ou qui
sont exclues en raison du seuil de 3 % prescrit aux fins du crédit
d’impôt pour frais médicaux.
Les médecins jouent un rôle de liaison clé pour
les personnes qui demandent le CIPH et, vu la structure du programme,
ils assument un élément essentiel de sa gestion. Ce
sont les raisons qui expliquent notre présence devant vous
aujourd’hui, pour discuter des préoccupations que suscite
le rendement du programme. De plus, nous aimerions traiter de la
question plus vaste qui consiste à élaborer un ensemble
cohérent de politiques fiscales à l’appui de
la politique sur la santé et de la politique sociale.
Intégration
de la politique fiscale à la politique sur la santé
et à la politique sociale
Le gouvernement fédéral,
au moyen de divers instruments de politique comme la fiscalité,
les dépenses, la réglementation et l’information,
a joué un rôle important dans la mise en place du régime
des soins de santé et des services sociaux du Canada. Toutefois,
à ce jour, les discussions tenues sur le rôle du gouvernement
fédéral dans ces domaines ont essentiellement porté
sur les transferts fédéraux aux provinces et aux territoires
et sur la Loi canadienne sur la santé.
Cependant, lorsque nous
réfléchissons à la façon de renouveler
les programmes de soins de santé et de services sociaux du
Canada, nous ne devrions pas nous limiter à ces instruments
traditionnels. En effet, aujourd’hui notre régime de
soins de santé subit des pressions qui compromettront sa
viabilité. À ce propos, on peut mentionner le vieillissement
de la population et ses attentes plus exigeantes pour des services
de soins de santé spécialisés et la technologie
à laquelle ils devront recourir, l’appel lancé
en faveur de l’élargissement de l’assurance maladie
afin d’y inclure les soins à domicile et l’assurance
médicaments, et une pénurie de personnel infirmier.
Ce ne sont là que quelques unes des raisons les plus immédiates
pour lesquelles d’autres moyens de financer les soins de santé
et, par ricochet, d’assurer la santé et le bien être
des citoyens, doivent être envisagés.
Dans le document de consultation
prébudgétaire qu’elle a présenté
au Comité permanent des finances [2],
l’AMC a recommandé que le gouvernement fédéral
mette sur pied un groupe de travail national se composant d’experts
pour étudier des mécanismes à incidence fiscale
novateurs pour faire concorder la politique fiscale à la
politique sur la santé. L’examen n’a pas encore
été amorcé plus de 25 ans après la Commission
royale d’enquête sur la fiscalité (Commission
Carter) créée en 1966.
L’AMC se fait l’écho
de la Commission en préconisant elle aussi la création
d’un groupe de travail national chargé d’élaborer
des moyens novateurs d’aligner la politique fiscale sur la
politique sur la santé et la politique sociale. Ce genre
d’étude porterait sur tous les aspects du régime
fiscal, y compris le régime de l’impôt sur le
revenu des particuliers, dont le CIPH fait partie.
Les autres parties de
notre mémoire traitent de questions liées au CIPH.
Participation
des médecins au Programme de CIPH
Dans le passé,
l’AMC a contribué au Programme de CIPH. Sa relation
de travail avec l’Agence des douanes et du revenu du Canada
(ADRC) relativement au Programme de CIPH a porté sur des
sujets précis, a été limitée dans le
temps et constructive.
Notre première
contribution de taille à l’égard du Programme
de CIPH remonte à 1993, lorsque l’AMC a fourni à
Revenu Canada un bref rapport d’examen du programme et du
formulaire T2201. Il est intéressant de noter le contenu
de nos observations faites en 1993 à l’égard
du programme, dont bon nombre demeurent d’actualité.
Voici quelques unes des
questions abordées par l’AMC en 1993 dans le cadre
de son premier examen du programme :
- Il se pourrait que
le programme de crédit d’impôt ne réponde
pas aux besoins des personnes handicapées et qu’on
agisse trop à l’aveuglette. Le Programme de CIPH
devrait être évalué dans son ensemble pour
déterminer l’efficacité avec laquelle il répond
aux besoins des personnes handicapées.
- Le programme devrait
s’intituler « Programme de crédit d’impôt
pour personnes gravement handicapées » - ou porter
un titre équivalent indiquant clairement que les personnes
handicapées n’y sont pas toutes admissibles.
- Le programme place
les médecins en situation de conflit éventuelle
avec les patients – au regard de la responsabilité
des médecins de défendre les droits du patient et
de la nécessité de contrôle pour Revenu Canada.
Le rôle du médecin devrait consister à attester
la légitimité des demandes pour le compte des patients.
- Revenu Canada devrait
clarifier la multiplicité de programmes. En effet, il existe
de nombreux programmes fédéraux et tous semblent
utiliser des processus et des formulaires différents. Ce
chevauchement rend la tâche difficile pour les patients
et les professionnels.
- Un effort important
devrait être déployé pour informer les demandeurs
éventuels, les conseillers fiscaux et les médecins.
- Il conviendrait d’effectuer
une évaluation raisonnable des composantes (demandeurs
et professions médicales) du processus.
L’AMC n’entretient
pas une relation de consultation normalisée avec l’ADRC
au sujet de ce programme. La lettre récente envoyée
par la ministre de l’ADRC, pour demander que les bénéficiaires
actuels du CIPH rétablissent leur admissibilité au
crédit témoigne de cette relation irrégulière.
L’AMC n’a pas été informée de cette
lettre, ni consultée à son sujet. Si nous l’avions
été, nous aurions souligné l’importance
des ressources en temps et en argent qu’exigerait le renvoi
de 75 à 100 000 personnes à leur médecin de
famille pour un nouvel établissement de leur admissibilité.
Nous aurions également travaillé avec l’ADRC
pour trouver d’autres moyens d’actualiser les dossiers
relatifs au CIPH. Malheureusement, on ne peut plus rien à
ce qui s’est produit, mais nous pouvons en tirer une leçon.
Cette situation montre clairement qu’il faut établir
un dialogue ouvert et suivi entre nos deux organisations.
Mesure stratégique
: L’AMC aimerait qu’un groupe consultatif de niveau
supérieur soit mis sur pied pour suivre de près le
Programme de CIPH et en évaluer le rendement, afin de s’assurer
qu’il répond au but et aux objectifs énoncés.
Ce genre de groupe consultatif se composerait d’agents de
programme de niveau supérieur, de préférence
au niveau SMA, de représentants des groupes professionnels
autorisés à remplir le Certificat T2201, de diverses
organisations oeuvrant pour les personnes handicapées et
de groupes de défense des droits des patients.
Nous aimerions maintenant
attirer l’attention du Sous-comité sur trois questions
qui, actuellement, influent négativement sur la participation
du corps médical au programme, à savoir l’intégrité
du programme, la normalisation du programme (par exemple l’uniformité
de la terminologie et les dépenses auxquelles les personnes
handicapées font face) et les renvois aux fournisseurs de
soins, par les conseillers fiscaux.
Intégrité
du programme
Pour les médecins
qui travaillent dans le cadre du programme, la tension excessive
que le programme crée et impose à la relation médecin-patients
constitue la principale source de préoccupation et d’irritation.
Cette tension peut avoir d’autres effets néfastes,
notamment nuire à l’intégrité du processus
lié au Programme de CIPH.
Selon la structure actuelle
du Programme de CIPH, les médecins doivent évaluer
le patient, remettre leur évaluation au patient et demander
au patient de les payer. Le processus pose des problèmes
pour deux raisons. Premièrement, étant donné
que le patient reçoit le formulaire dès que l’évaluation
est faite, on peut tenir les médecins responsables de la
non-admissibilité de leur patient au crédit d’impôt
– et non les arbitres chargés du Programme de CIPH.
Deuxièmement, il est gênant pour les médecins
de demander à un patient de les payer en sachant qu’il
ne sera pas jugé admissible au crédit d’impôt.
Pour maintenir l’intégrité
du Programme de CIPH, les médecins doivent pouvoir en arriver
à une évaluation indépendante de la condition
du patient. Néanmoins, en raison des pressions que le programme
exerce sur la relation médecin-patients, l’obligation
morale et juridique du médecin de fournir une évaluation
objective peut entrer en conflit avec sa responsabilité professionnelle,
à savoir « faire passer avant tout le bien-être
des patients ».
Il y a une solution au
problème. Il s’agit d’un modèle qu’utilise
déjà le gouvernement, et c’est le Programme
d’invalidité du Régime de pensions du Canada
(RPC). En vertu de ce programme, le médecin ne remet pas
son évaluation au patient, mais l’envoie au gouvernement,
et le coût du service consistant à remplir le formulaire
est compris dans le programme. Une telle démarche permet
de maintenir l’intégrité de la relation médecin-patients,
et l’intégrité du programme n’est donc
pas compromise.
Mesure stratégique
: L’AMC recommande que l’ADRC prenne les mesures nécessaires
pour faire de l’évaluation et de l’établissement
de l’admissibilité deux processus distincts. Elle recommande
de s’inspirer du Programme d’invalidité du RPC
pour y parvenir.
Justesse et équité
Le gouvernement fédéral
s’est doté de plusieurs programmes pour les personnes
handicapées. Certains programmes assurent la sécurité
du revenu (c’est le cas des Prestations d’invalidité
du Régime de pensions du Canada), tandis que d’autres
programmes traitent des questions d’emploi (c’est le
cas du programme Aide à l’employabilité des
personnes handicapées) et d’autres encore consistent
en des mesures fiscales (par exemple le crédit d’impôt
pour personnes handicapées). Ces transferts du gouvernement
et ces prestations fiscales aident les personnes handicapées
à participer activement à la société
canadienne.
Toutefois, ces programmes
ne sont pas cohérents sur les plans de la terminologie, des
critères d’admissibilité, des modalités
de remboursement, des prestations, etc. L’AMC recommande que
des normes de justesse et d’équité s’appliquent
à tous les programmes de prestations d’invalidité
du gouvernement fédéral, en particulier pour deux
aspects : la définition du concept de déficience et
les normes de rémunération du médecin. Ces
deux questions sont abordées en détail dans les paragraphes
qui suivent.
1) Définition
de déficience
L’un des problèmes
liés à l’évaluation des déficiences
tient au fait que le concept lui même est difficile à
définir. Dans la plupart des définitions normalisées,
le terme « déficience » est défini de
façon très générale et subjective. Une
définition largement utilisée provient de la Classification
internationale des déficiences, incapacités et handicaps
(CIDIH) de l’Organisation mondiale de la santé, selon
laquelle l’incapacité constitue « toute réduction
(résultant d’une déficience) partielle ou totale
de la capacité d’accomplir une activité d’une
façon, ou dans des limites considérées comme
normales pour un être humain ».
Le formulaire de demande
d’admissibilité au CIPH et les formulaires de demande
d’admissibilité à d’autres programmes
de prestations d’invalidité n’utilisent pas la
même définition de« déficience ».
Outre le manque d’uniformité de la terminologie, les
critères d’admissibilité à ces programmes
diffèrent, au sens où ils visent à répondre
à des besoins différents des personnes handicapées.
Pour donner droit au CIPH, la déficience doit être
« prolongée » (au moins 12 mois) et « grave
» c’est à dire « limiter de façon
marquée l’une ou l’autre des activités
courantes de la vie quotidienne » qui sont définies.
Les termes « grave » et « prolongée »
sont repris dans les critères d’admissibilité
au RPC, mais ils sont définis différemment (par exemple,
« grave » signifie que « votre état vous
empêche d’occuper régulièrement un emploi
» et le terme « prolongée » signifie que
« votre état doit durer pendant une longue période
ou risque d’entraîner le décès ».
D’autres programmes, comme ceux d’Anciens Combattants
Canada, utilisent des critères totalement différents.
Ce genre de situation
sème la confusion chez les médecins, les patients
et d’autres intéressés (par exemple les spécialistes
en déclarations de revenus/conseillers fiscaux) qui participent
au processus de demande. Les médecins peuvent donc être
amenés à passer plus de temps qu’il ne faut
à remplir le formulaire, car ils doivent vérifier
la terminologie. En conséquence, si les termes, les critères
et l’information concernant les programmes ne sont pas formulés
de la façon la plus claire possible, les médecins
risquent de commettre des erreurs lorsqu’ils remplissent les
formulaires. En fin de compte, ce sont les bénéficiaires
des prestations qui en subissent les conséquences.
Mesures stratégiques
: L’AMC aimerait que les définitions utilisées
aux fins de l’exécution des divers programmes gouvernementaux
soient davantage cohérentes, ce qui ne veut pas dire que
les critères d’admissibilité doivent être
uniformes.
En outre, l’AMC
aimerait que l’on prépare une trousse d’information
complète à l’intention des fournisseurs de soins
de santé, qui contiendrait une description de chaque programme,
l’énoncé des critères d’admissibilité,
toute la gamme de prestations offertes, des copies des spécimens
des formulaires, des renseignements concernant le paiement des évaluations
de la condition physique et du service qui consiste à remplir
le formulaire, etc.
2) Rémunération
La rémunération
du médecin appelé à faire une évaluation
et à remplir le formulaire est une autre question qui bénéficierait
d’un effort de normalisation à l’échelle
des divers programmes gouvernementaux, car elle éliminerait
les difficultés auxquelles certaines personnes handicapées
font face actuellement. Par exemple, les demandeurs qui présentent
le formulaire T2201 - Certificat pour le crédit d’impôt
pour personnes handicapées à leur médecin doivent
payer eux même le médecin qui remplit le formulaire.
Par contre, la personne qui fait une demande de prestation d’invalidité
du RPC n’est pas tenue de payer le médecin qui remplit
le formulaire, car ce genre de coût est compris dans le programme.
L'évaluation des
déficiences est une tâche complexe qui exige du temps
de la part d’un professionnel de la santé. D’après
nos membres, remplir le formulaire T2201 (Certificat pour le CIPH)
peut exiger autant de temps et d’effort que fournir l’information
demandée pour remplir les formulaires d’admissibilité
au Programme d’invalidité du RPC, compte tenu du patient
et de la nature de la déficience. Malgré tout, pour
certains programmes on reconnaît le temps et les connaissances
nécessaires pour mener une évaluation en bonne et
due forme, ce qui n’est pas le cas d’autres programmes.
Certes, les médecins
peuvent demander à leurs patients de les payer pour remplir
le formulaire d’admissibilité au CIPH, mais ils hésitent
à le faire car ils savent qu’habituellement les personnes
dans ce cas ont des moyens limités et, dans les cas très
complexes, le coût du service rendu par le médecin
pour remplir le formulaire T2201 peut représenter jusqu’à
150 $. En outre, les médecins sont gênés de
demander de tels frais aux patients, sachant qu’ils ne seront
pas admissibles au crédit d’impôt. La synchronisation
du financement de tous les programmes serait extrêmement bénéfique
pour toutes les personnes handicapées, les professionnels
qui remplissent les formulaires et les gestionnaires de programme.
Mesure stratégique
: Nous encourageons vivement le gouvernement fédéral
à mettre les programmes de crédit d’impôt
pour personnes handicapées sur un pied d’égalité
en ce qui touche le remboursement des fournisseurs de soins examinateurs.
Renvois par les
conseillers fiscaux
Étant donné
la complexité du régime fiscal aujourd’hui,
de nombreux contribuables s’adressent à des conseillers
fiscaux professionnels pour s’assurer que les formulaires
sont remplis comme il se doit et qu’ils demandent toutes les
prestations auxquelles ils ont droit. Dans bien des cas, les conseillers
fiscaux renvoient les contribuables à des professionnels
de la santé qui pourront examiner leur condition et éventuellement
faire une demande d’admissibilité au CIPH. Les conseillers
fiscaux peuvent être d’une intention fort louable, mais
il arrive souvent qu’ils renvoient à tort leurs clients
aux professionnels de la santé. En conséquence, les
professionnels de la santé, dont le nombre est déjà
insuffisant, perdent un temps précieux, et les patients qui
tentent d’avoir droit au crédit d’impôt
peuvent avoir des attentes peu réalistes.
Le principe numéro un du Code de déontologie de l’AMC
consiste à « faire passer avant tout le bien être
des patients ». L’un des rôles clés du
médecin consiste à défendre les droits du patient
et à lui apporter son appui dans le cadre du système
de soins de santé. Le formulaire de demande d’admissibilité
au CIPH amène le médecin à jouer un rôle
de médiateur entre le patient et une tierce partie à
laquelle le patient s’adresse pour obtenir une aide financière.
Ce rôle de «
surveillance » peut imposer des tensions à la relation
médecin-patients – en particulier si la demande d’admissibilité
au crédit d’impôt pour personnes handicapées
est rejetée selon la façon dont le tiers administrateur
interprète les recommandations formulées dans le rapport
du médecin. Les médecins et les autres professionnels
de la santé sont chargés non seulement de dire aux
patients qu’ils ne sont pas admissibles au crédit,
mais aussi de les informer qu’ils peuvent être appelés
à payer le service d’évaluation.
Mesure stratégique
: Une meilleure préparation des conseillers fiscaux serait
bénéfique tant pour les patients que pour les personnes
qui leur fournissent des soins. L’AMC aimerait que l’ADRC
prépare, de concert avec la collectivité des fournisseurs
de soins de santé, un guide détaillé à
l’intention des spécialistes en déclarations
de revenus et de leurs clients, en soulignant les critères
d’admissibilité au programme et les étapes préliminaires
à franchir avant d’entreprendre l’évaluation
personnelle d’une déficience. Ce genre de guide permettrait
d’avoir une idée de la mesure dans laquelle il vaut
la peine d’investir du temps, des efforts et de l’argent
pour consulter un professionnel de la santé afin d’obtenir
une évaluation.
Comme on l’a précisé
à la réunion précédente tenue avec l’ADRC,
l’AMC propose à nouveau qu’un représentant
des médecins accompagne les représentants du Programme
de CIPH lorsqu’ils sont appelés à rencontrer
des représentants des divers organismes qui offrent un service
de préparation des déclarations, avant chaque saison
fiscale, pour examiner le guide détaillé portant sur
les critères d’admissibilité au programme et
l’évaluation initiale et souligner les conséquences
que peuvent avoir les renvois qui ne se justifient pas.
Conclusion
Le CIPH est une prestation
offerte aux Canadiens qui vivent avec un handicap. Toutefois, il
conviendrait de procéder à une certaine normalisation
entre les divers programmes pour s’assurer qu’ils sont
efficaces et répondent à l’objectif qui leur
est applicable. Plus précisément, l’AMC aimerait
faire les suggestions qui suivent.
1. L’AMC aimerait
que l’on crée un groupe consultatif de niveau supérieur
qui serait chargé de surveiller l’exécution
du Programme de CIPH et d’en évaluer le rendement,
pour s’assurer qu’il répond au but et aux objectifs
énoncés. Ce genre de groupe consultatif se composerait,
à tout le moins, d’agents de programme de niveau supérieur,
de préférence oeuvrant au niveau de SMA, de membres
de groupes professionnels autorisés à remplir le formulaire
T2201, de diverses organisations oeuvrant pour les personnes handicapées
et de groupes de défense pour les droits des patients.
2. L’AMC recommande que l’ADRC prenne les mesures nécessaires
pour faire de l’évaluation et de l’établissement
de l’admissibilité deux processus distincts. Elle recommande
de s’inspirer du Programme d’invalidité du RPC,
pour y parvenir.
3. Il peut exister une certaine uniformité à l’échelle
des définitions utilisées pour les divers programmes
gouvernementaux, mais des écarts pourront demeurer entre
les critères d’admissibilité.
4. Elle recommande qu’une trousse d’information complète
soit préparée, à l’intention des fournisseurs
de soins de santé; on y trouverait une description de chaque
programme, les critères d’admissibilité, toute
la gamme de prestations offertes, des copies des spécimens
de formulaires, des renseignements sur la rétribution des
évaluations par un médecin et du service consistant
à remplir le formulaire, etc.
5. Elle recommande que le gouvernement fédéral traite
les programmes sociaux sur un pied d’égalité
en ce qui a trait à leur financement et à leur gestion.
6. Elle recommande que l’ADRC prépare, de concert avec
la collectivité des fournisseurs de soins de santé,
un guide détaillé à l’intention des conseillers
fiscaux et de leurs clients, dans lequel on soulignerait les critères
d’admissibilité au programme ainsi que les étapes
préliminaires à franchir avant d’entreprendre
une évaluation personnelle de la déficience.
7. Elle recommande que l’ADRC fasse appel à des fournisseurs
de soins de santé pour qu’ils accompagnent ses représentants
lorsqu’ils sont appelés à rencontrer les membres
de divers organismes qui offrent un service de préparation
des déclarations, afin d’examiner le guide détaillé
des critères d’admissibilité au programme et
des évaluations personnelles des déficiences et de
souligner les conséquences des renvois non justifiés.
Ces recommandations seraient
certainement utiles à toutes les personnes en cause –
le patient, le fournisseur de soins de santé et le gestionnaire
de programme, à court terme. Néanmoins, à plus
long terme il serait très utile d’examiner le régime
fiscal dans son ensemble du point de vue des soins de santé.
Il pourrait en découler des avantages tangibles non seulement
pour les personnes handicapées mais pour tous les Canadiens,
et une telle démarche traduirait le leadership qu’assure
le gouvernement fédéral lorsqu’il s’agit
de voir à la santé et au bien être des Canadiens.
[1]
Santé Canada, The Role for the Tax System in Advancing the
Health Agenda, Direction de la recherche appliquée et de
l’analyse, Direction générale de l’analyse,
de l’information et de la connectivité, 21 septembre
2001.
[2]
Association médicale canadienne, Securing Our Future…
Balancing Urgent Health Care Needs of Today With The Important Challenges
of Tomorrow”, présentation au Comité permanent
des finances dans le cadre des consultations prébudgétaires,
1er novembre 2001.
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