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NOTES DE PRÉSENTATION
• Organisme créé
en 1982 pour représenter les personnes malentendantes ou
devenues sourdes de la société canadienne.
• Regroupe près
de 90 % des quelque 3 000 000 de Canadiens en déficit auditif.
• Le déficit
auditif représente la principale incapacité au Canada.
• L’Association
des malentendants canadiens (AMEC) a été créée
pour représenter une réalité invisible par
des moyens tangibles.
• Le principal
objectif de l’AMEC est de promouvoir l’autonomie des
personnes malentendantes ou devenues sourdes.
• L’AMEC
fait la promotion des actions individuelles et collectives.
L’AMEC s’efforce
de briser l’isolement des personnes malentendantes ou devenues
sourdes et d’éliminer leurs sentiments d’indignation
et de frustration, en favorisant le développement de l’estime
de soi et de la confiance, clés d’une intégration
totale au sein de la société. La vision de l’AMEC
est notamment d’exposer les questions d’intérêt
et les préoccupations des personnes malentendantes ou devenues
sourdes du Canada.
PRÉSENTATION
Tout d’abord, je
tiens à signaler que de convoquer une réunion à
la dernière minute est une pratique inacceptable. Pour agir
efficacement, nous avons besoin de temps pour nous préparer,
installer des équipements comme des dispositifs techniques
pour malentendants, des appareils de sous-titrage ou de facilitation
de la parole car, pour ma part, je ne veux rien manquer de la discussion
en raison de mon handicap (auditif). Je ne peux pas fonctionner
dans la vie de tous les jours sans comprendre, sans recourir à
la technologie, sans planification ni communication efficace.
Ensuite, je tiens à
dire que l’ADRC semble adopter une approche pour le moins
étrange avec son CIPH (Crédit d’impôt
pour personnes handicapées). Cet effort d’uniformisation
est insultant, blessant et honteux pour les personnes qui présentent
une ou des incapacités PERMANENTES et qui répondent
aux critères d’admissibilité. Il est irrespectueux,
indigne et inutile de traiter de la sorte des contribuables canadiens.
Alors, comment allons-nous
réussir à régler ce problème ? D’abord,
exposons le problème ; ensuite, proposons des solutions.
Tout au long de mon exposé, le terme « personne malentendante
» désigne également les personnes devenues sourdes.
PROBLÈMES :
P1. La déficience
auditive est INVISIBLE à la plupart des gens, comme bien
d’autres incapacités. Cela signifie que nous ne vivons
pas de la même façon que les gens qui n’ont pas
d’incapacité. Nous devons faire preuve de stratégie,
de patience et de persévérance. Nous vivons grâce
aux groupes de soutien, à la technologie, à notre
famille et à nos amis.
P2. Les questions posées
dans le formulaire de CIPH sont restrictives, vagues et inéquitables.
Le gouvernement donne l’impression qu’il ne veut pas
connaître ni prendre en compte l’avis des ressources
professionnelles ou médicales. Il semble favoriser nettement
la question fiscale que l’aspect humain.
P3. À la première
page du formulaire de CIPH (T2201 F (2000)), on indique : «
Si nous vous avons déjà accordé ce montant,
vous n’avez pas à nous envoyer un nouveau formulaire,
sauf si la période d’approbation précédente
s’est terminée ou si nous vous demandons de le faire.
» Cet énoncé est sujet à caution. Je
n’ai jamais entendu parler de période d’incapacité,
sauf pour une courte période attribuable à un accident
ou à un problème médical. Ce point doit être
éclairci.
P4. L’examen du
CIPH décrit dans la lettre réfère à
l’admissibilité envisagée pour l’année
d’imposition 2001. Ce programme ne tient pas compte rétroactivement
des déclarations de revenus passées. Or, les autorités
fiscales indiquent qu’il est possible que certains prestataires
du CIPH voient leur demande examinées ou rejetées
rétroactivement. Si j’ai bien compris, le contribuable
recevrait une lettre différente de la lettre type déjà
envoyée. En pareil cas, il utiliserait son droit d’appel,
comme l’indique le Guide d’impôt général
produit par l’ADRC.
Des délais et
des coûts importants pour le contribuable ne contribuent pas
à bâtir un lien de confiance. Il s’agit là
d’une forme grave d’autoritarisme et d’intimidation,
et qui coûtera cher à toutes les parties. Cette approche
mène à une confrontation à la David et Goliath.
P5. Ce qu’il en
coûte à la personne concernée constitue un obstacle
majeur, variable selon ses besoins. Les coûts comprennent
les appareils auditifs, les dispositifs technologiques, l’entretien
préventif, les piles, l’achat de nouveaux équipements,
etc.
P6. Les termes de la
lettre qui accompagne le formulaire de CIPH – « nous
travaillons présentement à mettre à jour nos
dossiers » (premier paragraphe) – laissent croire à
un vil exercice de chasse aux sorcières. On cherche à
intimider et à effrayer les gens, ce qui constitue une tactique
pour le moins honteuse.
P7. Plus loin, la lettre
dit ceci : « Lors de l’examen de votre nouveau formulaire
T2201, nous devrons peut-être communiquer avec vous […]
». Dans sa forme initiale, le formulaire devrait être
complet, de façon à assurer la dignité du contribuable,
plutôt de lui faire craindre les autorités et redouter
les conséquences.
P8. Il semble que les décideurs et les auteurs des politiques
envoient des messages contradictoires. La lettre dit : « Si
vous le désirez, vous pouvez attendre et présenter
le certificat rempli avec votre déclaration de revenus 2001.
» La semaine dernière, j’ai parlé à
un représentant des services fiscaux, qui m’a dit que
l’évaluation du CIPH pouvait prendre jusqu’à
quatre mois. Le contribuable ne connaît pas le processus et
on suscite en lui de fausses attentes. C’est absurde. La directive
devrait expliquer clairement le processus et donner l’échéancier,
de sorte que chacun saurait ce qui en est et agirait en conséquence.
C’est une question de cohérence.
P9. Le critère
est très strict. Les personnes qui peuvent comprendre une
conversation SANS appareil auditif ni implant, dans une salle silencieuse,
et SANS lire sur les lèvres, ne sont pas admissibles à
l’exemption. Le bureaucrate ne s’intéresse pas
vraiment au degré de perte auditive. Le libellé du
critère ne permet aucune autre interprétation. Cela
suppose que la personne malentendante vit dans un environnement
isolé et silencieux, contrairement au reste du monde.
Ce critère ne
reflète pas nécessairement le milieu dans lequel évolue
quotidiennement la personne ni les difficultés avec lesquelles
elle doit composer au jour le jour. Cela signifie, en réalité,
que peu de personnes malentendantes sont admissibles. Ce critère,
qui ne tient même pas compte du diagnostic, est incongru et
cruel.
SOLUTIONS :
S1. Chercher ensemble
à favoriser la compréhension et la sensibilisation
à ces questions. L’ADRC aurait dû former des
groupes de réflexion, chargés d’examiner les
nouveaux formulaires. Ces groupes devraient comprendre des organismes,
des médecins et des professionnels, comme des audiologistes,
qui sont en relation directe avec les contribuables malentendants,
dont l’existence est directement touchée par ces changements.
Voir la recommandation 52 du Groupe de travail.
S2. Veiller à
ce que tous les représentants de l’ADRC (ministère
responsable de la fiscalité) utilisent les mêmes références,
de façon à ce que les contribuables reçoivent
une information uniforme et exacte en toutes circonstances. L’ADRC
devrait porter attention au libellé du formulaire, pour en
éliminer les éléments discriminatoire et inclure
convenablement les personnes concernées. Il faudrait consulter
les malentendants de nouveau, surtout en ce qui concerne, par exemple,
la question des implants cochléaires.
S3. Sous le titre «
Version précédente du formulaire T2201. Définitions
– Crédit d’impôt pour personne handicapée
», il est écrit : « […] Il s’agit
là d’un des principaux mécanismes fiscaux reconnaissant
les coûts liés aux incapacités. » –
Le formulaire actuel ne comprend pas ce renseignement important.
Aucune description ne permet d’internaliser les coûts
excessifs associés à une incapacité. Pour les
porteurs d’implants cochléaires, par exemple, ces coûts
sont énormes. (Coûts – appareils auditifs (déductibles)
: entre 1 000 $ et 5 000 $ chacun, implant cochléaire en
sus ; les dispositifs techniques peuvent coûter entre 50 $
et des milliers de dollars ; piles nécessaires au fonctionnement
des appareils, réparations, service en temps réel
tels que le système CART (traduction en temps réel)
: 65 $ et plus, selon le contrat et les besoins précis. Le
consommateur assume un bon nombre de ces coûts uniquement
pour des besoins d’accessibilité.) Le formulaire devrait
prévoir une disposition garantissant que ce mécanisme
est pris en compte. Cela rendrait plus réaliste le processus
décisionnel par lequel les médecins et les professionnels
sont appelés à poser des jugements clairs et impartiaux.
S4. Les représentants
des services fiscaux – travailleurs œuvrant directement
auprès du public, responsables de l’élaboration
des politiques et décideurs – devraient recevoir tous
les 18 mois une formation destinée à les sensibiliser
à la réalité des personnes handicapées.
Cette formation devrait être fournie par des personnes atteintes
de l’incapacité faisant précisément l’objet
de la formation.
S5. Proposer des critères
d’incapacité à court terme et à long
terme. La plupart d’entre nous sont atteints d’une incapacité
(auditive) permanente, sans espoir de rétablissement. En
outre, le processus de vieillissement affaiblit l’audition.
Dire le contraire est un outrage. La perte définitive de
l’ouïe est un diagnostic tout à fait clair : il
s’agit bel et bien d’une PERTE PERMANENTE.
Les cas d’incapacité
auditive varient d’une personne à l’autre. Par
exemple, je suis atteint de déficience auditive grave ou
profonde ainsi que du syndrome de Ménière. Je présente
une sensibilité auditive d’environ 30 % et une discrimination
auditive profonde. Malgré que je porte des appareils auditifs,
il m’est difficile – et, souvent, impossible –
d’entendre ce qu’on me dit. D’autres ont des implants
cochléaires, qui leur permettent d’entendre, bien sûr,
mais sans la capacité de discrimination de l’oreille
humaine, ce qui pose de grandes difficultés.
S6. Les contribuables
doivent connaître et comprendre les critères d’admissibilité
au CIPH. De plus, ils doivent pouvoir consulter, sur support de
substitution, les documents concernant l’admissibilité
au CIPH, sa formule, son processus et les étapes d’évaluation.
S7. Le formulaire T2201
F (2000) doit faire place davantage aux observations plutôt
que de se limiter à l’alternative élémentaire
et restrictive du OUI ou NON. Cette façon de faire ne convient
pas. Les personnes atteintes d’une incapacité ne sont
pas des machines qui fonctionnent simplement par oui ou non. (Référence
: Groupe de travail fédéral concernant les personnes
handicapées, 1996)
S8. Les activités
quotidiennes doivent prendre en considération les 6 points
séparément et non de façon cumulative. De plus,
les évaluateurs doivent suivre des lignes directrices strictes
en ce qui concerne l’évaluation de l’admissibilité.
S9. Si une réévaluation
s’avère nécessaire (incapacités à
court terme), le contribuable devrait pouvoir réclamer ces
dépenses en tant que frais médicaux. Voir à
ce sujet la page 2 du formulaire, en haut, à gauche. L’ADRC
énonce clairement que ces frais sont assumés par le
contribuable et qu’ils ne peuvent faire l’objet d’un
crédit d’impôt pour frais médicaux.
Merci
CONTEXTE
Dans son rapport intitulé
Donner un sens à notre citoyenneté canadienne : La
volonté d’intégrer les personnes handicapées,
le Groupe de travail fédéral concernant les personnes
handicapées indique ce qui suit, recommandation 42 :
Le gouvernement du Canada
doit faire en sorte que les prochaines révisions de la Loi
de l’impôt sur le revenu qui ont des incidences sur
les personnes handicapées reflètent les principes
qui permettent de s’attaquer aux coûts supplémentaires
liés aux incapacités des personnes. Voici ces principes
:
• les personnes handicapées qui désirent mener
des activités normales doivent engager des dépenses
extraordinaires ;
• certains coûts sont généraux et intangibles
et d’autres peuvent être justifiés par des reçus
;
• le fait d’intégrer ces coûts au régime
fiscal ne constitue pas un don de charité, mais un traitement
équitable ;
• le fait d’intégrer ces coûts au régime
fiscal devrait favoriser l’embauche de personnes handicapées
plutôt qu’y nuire ;
• les coûts liés aux incapacités sont
plus lourds pour les personnes qui ont un revenu limité ;
• ces coûts ne sont pas payés uniquement par
les personnes qui ont un revenu imposable.
NOUVEAU CRÉDIT D’IMPÔT POUR LES DÉPENSES
DES PERSONNES HANDICAPÉES :
Les experts indépendants
qui ont étudié le système fiscal et les participants
à nos consultations ont demandé deux choses :
• un crédit d’impôt remboursable qui tienne
compte des coûts liés aux incapacités ;
• un crédit d’impôt qui reflète
plus fidèlement les coûts réels pour une personne
handicapée.
Le gouvernement du Canada
devrait créer des mesures fiscales plus souples pour aider
les personnes handicapées à payer les coûts
additionnels reliés à leur incapacité. Il pourrait
reconnaître officiellement que tous les Canadiens ont le droit
d’être membres de la société à
part entière et que les soutiens, aides et appareils dont
certaines personnes ont besoin pour atteindre cet objectif devraient
être payés, du moins en partie, par le gouvernement.
PARTICIPATION
DE LA COLLECTIVITÉ
Recommandation 52
Le gouvernement du Canada devrait établir un conseil consultatif,
composé de personnes handicapées, de représentants
du gouvernement fédéral, des gouvernements provinciaux,
de l’industrie de l’assurance, des employeurs et des
syndicats, chargé de recommander (entre autres) des mesures
pour ce qui suit :
a) un examen des critères et définitions utilisés
pour déterminer l’admissibilité au crédit
des dépenses pour personnes handicapées ;
b) le traitement fiscal uniforme des sources de revenu liées
à une invalidité ;
c) le traitement fiscal des trusts ;
d) la possibilité de regrouper les trois déductions
pour personnes handicapées à charge en une seule ;
e) la mise en place d’incitatifs pour amener les commerces
à éliminer les obstacles ;
f) pour les entreprises constituées en société
et les autres entreprises, un même traitement fiscal des prestations
supplémentaires pour soins médicaux et soins dentaires
;
g) les autres enjeux relatifs au traitement fiscal des personnes
handicapées.
« LE CRÉDIT D’IMPÔT POUR PERSONNES
HANDICAPÉES »
Le crédit d’impôt pour personnes handicapées
(CIPH) est un crédit non remboursable destiné aux
personnes dont la capacité d’exécuter une activité
quotidienne essentielle est « considérablement réduite
» pendant une période prolongée, même
si elles utilisent des aides techniques. Le système fiscal
utilise un outil clinique important, Les activités de la
vie quotidienne, pour déterminer l’admissibilité
au CIPH, mais cet outil n’est pas tout à fait approprié.
Par « fonction essentielle », on entend entre autres,
la capacité de voir et de marcher, mais non la capacité
de respirer.
Le CIPH réduit
le montant d’impôt fédéral à payer
d’environ 720 $. Si l’on tient aussi compte des économies
réalisées sur le plan de l’impôt provincial,
on peut dire que le crédit s’élève à
1 120 $ environ. Le CIPH peut être transféré
à un parent qui assume les frais d’entretien de la
personne handicapée, mais il n’a de la valeur que pour
ceux qui paient de l’impôt.
De tous les Canadiens
identifiés comme ayant une incapacité grave dans le
cadre de l’Enquête de 1991 sur la santé et les
limitations d’activités, 23 pour 100 seulement ont
demandé le CIPH cette année-là. De toutes les
personnes ayant une incapacité moyenne, 16 pour 100 ont demandé
le CIPH. Environ la moitié des personnes appartenant à
ces deux groupes ont déclaré n’avoir pas demandé
le crédit parce qu’elles en ignoraient l’existence
jusqu’à ce qu’on les interroge à ce sujet.
Quant aux autres, elles ne reçoivent pas le crédit
soit parce qu’on leur a dit qu’elles n’étaient
pas admissibles ou parce qu’elles-mêmes croyaient ne
pas y avoir droit.
Recommandation 44 :
Dans le budget de 1997, le gouvernement du Canada devrait modifier
la Loi de l’impôt sur le revenu comme suit :
a) hausser le crédit d’impôt pour personnes handicapées
pour compenser l’érosion attribuable à l’inflation
et indexer entièrement le crédit ; [Recommandation
exécutée]
b) permettre de transférer le crédit d’impôt
pour personnes handicapées à toute personne de soutien
; [Recommandation exécutée]
c) élargir la liste des professionnels para-médicaux
comme les audiologistes qui peuvent certifier qu’une personne
est admissible au crédit d’impôt pour handicapés.
[Recommandation exécutée]
« LE CRÉDIT
D’IMPÔT POUR FRAIS MÉDICAUX »
Le crédit d’impôt pour frais médicaux
(CIFM) permet à une personne de déduire de ses impôts
certaines dépenses médicales. Ces dépenses
doivent excéder 3 pour 100 du revenu net ou 1 614 $, en prenant
le moins élevé de ces montants. Parmi les dépenses
admissibles, mentionnons les suivantes :
• le coût des soins reçus dans les hôpitaux
et dans les centres d’hébergement ;
• les frais de transport pour recevoir des soins médicaux
(plus de 40 km) ;
• les appareils médicaux tels que les prothèses
et les fauteuils roulants ;
• les rénovations domiciliaires ;
• les services de préposés aux soins ;
• les médicaments prescrits.
Les coûts des articles
à usage personnel ne sont pas admissibles. C’est le
cas, par exemple, des frais d’installation d’un climatiseur
dans le domicile des personnes qui souffrent de sclérose
en plaques, dont l’état empire lorsqu’il fait
chaud. De même, les coûts des suppléments nutritionnels
nécessaires pour les personnes ayant le VIH ou le SIDA sont
considérés comme des dépenses personnelles.
Les crédits d’impôt pour frais médicaux
accordés par les gouvernements fédéral et provincial
couvrent globalement environ 26 pour 100 des dépenses faisant
l’objet d’une demande de remboursement. Comme le crédit
est établi en fonction des dépenses réelles,
il est plus élevé pour ceux qui gagnent plus. Il est
proportionnellement plus élevé pour ceux qui engagent
des dépenses extraordinaires que pour ceux qui doivent payer
des frais courants pour un soutien ou des services liés à
leur incapacité.
Environ 10 p. 100 seulement des personnes qui demandent le crédit
d’impôt pour personnes handicapées demandent
aussi un remboursement de leurs frais médicaux.
Nous recommandons une fois de plus que l’on revoie le traitement
des dépenses détaillées afin de remplacer l’actuel
CIFM. Mais en attendant qu’on donne suite aux recommandations
ci-dessous, certaines modifications pourraient être apportées
conformément aux principes énoncés ci-dessus.
Recommandation 45 :
Dans le budget de 1997, le gouvernement du Canada devrait modifier
la Loi de l’impôt sur le revenu comme suit :
a) ajouter à la liste des articles admissibles au crédit
d’impôt pour frais médicaux toutes les dépenses
médicales (y compris les articles comme les suppléments
nutritionnels des personnes ayant le VIH). Intégrer au crédit
une partie prédéterminée du coût des
articles à usage personnel. Par exemple, 1 000 $ pour l’installation
d’un climatiseur à des fins médicales ou encore
5 000 $ pour l’installation d’un appareil de levage
sur une fourgonnette ;
b) rendre admissibles au crédit d’impôt pour
dépenses médicales les coûts raisonnables de
l’aide médicale nécessaire fournie par les membres
de la famille ;
c) éliminer le plafond de 5 000 $ pour les dépenses
associées aux soins fournis par un préposé
;
d) éliminer le plafond de 1 614 $ au titre de l’exemption
du revenu net associé au crédit d’impôt
pour dépenses médicales et utiliser ce montant pour
augmenter les fonds destinés à mettre en application
les autres recommandations de ce rapport.
« APPLICATION DE LA LOI DE L’IMPÔT SUR
LE REVENU » :
L’application de
la Loi de l’impôt sur le revenu pose souvent des problèmes
aux personnes handicapées. Nombre de ces problèmes
peuvent être résolus en adoptant des mesures simples
comme la révision des bulletins d’interprétation
utilisés par Revenu Canada. Par exemple, des personnes nous
ont dit que bien que la loi n’ait pas été modifiée,
ils [sic] croient que les termes utilisés par Revenu Canada
sur le formulaire T2201 pour les demandes de crédit d’impôt
pour personnes handicapées sont récemment devenus
plus restrictifs. De nombreuses personnes qui ont soumis une réclamation
pour le crédit semblent ne plus être admissibles. La
loi doit être respectée, bien sûr, mais l’interprétation
de la loi doit être équitable et perçue comme
étant équitable.
Revenu Canada a évalué rétroactivement les
personnes qui demandaient le crédit d’impôt pour
personnes handicapées, même si on leur avait déjà
octroyé le crédit et qu’elles avaient fourni
l’attestation requise d’un professionnel de la santé
justifiant leur déclaration d’incapacité marquée
et prolongée de remplir certaines fonctions élémentaires.
Conformément aux principes indiqués dans la recommandation
42, nous croyons en outre que les dépenses des personnes
handicapées couvertes par les subventions pour initiatives
spéciales destinées aux étudiants handicapés
qui obtiennent des prêts canadiens aux étudiants ne
devraient pas être traitées comme un revenu imposable.
Recommandations :
47. Pour l’année d’imposition 1996, le gouvernement
du Canada devrait revoir la formule T2201 en vue de la rendre conforme
à la définition statutaire, après avoir consulté
les organisations de personnes handicapées.
48. Le gouvernement du Canada devrait immédiatement limiter
les réévaluations « rétroactives »
d’admissibilité au crédit d’impôt
pour handicapés aux cas où aucune autorité
reconnue n’a certifié l’invalidité (c’est-à-dire
ne pas réévaluer les cas dont un médecin ou
un optométriste a certifié l’admissibilité).
49. Le gouvernement du Canada devrait favoriser une interprétation
libérale des dépenses liées à la réadaptation
professionnelle. Il serait préférable que cela se
fasse par le biais d’un bulletin diffusé par Revenu
Canada plutôt que par la modification des lois.
NOUVEAU CRÉDIT D’IMPÔT POUR LES DÉPENSES
DES PERSONNES HANDICAPÉES :
Les experts indépendants qui ont étudié le
système fiscal et les participants à nos consultations
ont demandé deux choses :
• un crédit d’impôt remboursable qui tienne
compte des coûts liés aux incapacités ;
• un crédit d’impôt qui reflète
plus fidèlement les coûts réels pour une personne
handicapée.
Le gouvernement du Canada
devrait créer des mesures fiscales plus souples pour aider
les personnes handicapées à payer les coûts
additionnels reliés à leur incapacité. Il pourrait
reconnaître officiellement que tous les Canadiens ont le droit
d’être membres de la société à
part entière et que les soutiens, aides et appareils dont
certaines personnes ont besoin pour atteindre cet objectif devraient
être payés, du moins en partie, par le gouvernement.
Une telle mesure fiscale marquerait un pas vers le programme pancanadien
de soutien et de services aux personnes handicapées et elle
concorderait avec les objectifs généraux de la citoyenneté
qui devraient souligner le rôle joué par le gouvernement
auprès des personnes handicapées.
Le crédit d’impôt pour les dépenses des
personnes handicapées proposé réunirait les
meilleurs éléments du crédit d’impôt
pour personnes handicapées (CIPH) et du crédit d’impôt
pour frais médicaux (CIFM). Comme le CIPH, le nouveau crédit
devrait être offert aux personnes dont les incapacités
les empêchent de remplir les fonctions élémentaires
de la vie quotidienne, même avec un appareil ou une aide technique.
Au contraire du CIPH, ce crédit devrait être remboursable
afin de favoriser les personnes à très faible revenu.
Dans le cas des personnes recevant de l’aide sociale, les
gouvernements provinciaux et territoriaux ne devraient pas considérer
les sommes obtenues en vertu du crédit d’impôt
pour les dépenses des personnes handicapées comme
un revenu et, de ce fait, abaisser le montant des prestations versées
à ces personnes.
Le montant de base du crédit d’impôt pour les
dépenses des personnes handicapées pourrait être
fixé à un niveau plus bas que le crédit d’impôt
pour personnes handicapées, car le crédit d’impôt
pour les dépenses tiendra également compte des dépenses
relatives à une incapacité justifiées par des
reçus, au moyen d’un crédit d’impôt
plus étroitement relié aux dépenses réelles
se rapportant à une incapacité.
Recommandation 52
Dans le budget de 1997, le gouvernement du Canada devrait annoncer
son intention de proposer pour l’année d’imposition
1998 un nouveau crédit d’impôt pour les dépenses
des personnes handicapées qui remplacerait le crédit
d’impôt pour personnes handicapées et le crédit
d’impôt pour dépenses médicales des personnes
handicapées. Le critère d’admissibilité
au crédit d’impôt pour les dépenses des
personnes handicapées sera conforme à l’examen
du crédit d’impôt pour personnes handicapées
qui est en cours.
La formule définitive du crédit d’impôt
pour les dépenses des personnes handicapées devrait
être établie après consultation des organisations
des personnes handicapées, mais elle devrait comprendre les
caractéristiques suivantes :
a) la valeur fédérale du crédit devrait être
remboursable (parallèlement avec la partie provinciale lorsque
des dispositions ont été prises avec la province).
b) le crédit devrait comporter deux éléments
: un montant de base offert à tous ceux qui répondent
aux critères fondamentaux d’admissibilité et
un second montant calculé en fonction des menues dépenses
liées à l’invalidité.
c) il faudrait modifier le traitement fiscal des menues dépenses
admissibles comme l’indique la recommandation 2 ci-dessus.
Les dépenses admissibles devraient comprendre les dépenses
médicales indispensables et la hausse des dépenses
liées à un emploi et attribuables à une invalidité.
d) le montant de base du crédit reflète l’évaluation
générale des coûts non justifiés. Ce
niveau de base devrait être établi en fonction du nouveau
traitement des dépenses admises et justifiées.
e) le crédit de base devrait être remboursable à
l’avance à tous les trimestres comme c’est le
cas pour le crédit de TPS.
f) le taux d’imposition utilisé pour calculer le crédit
(habituellement 17 %) devrait être porté à 29
% pour les prestataires à faible revenu.
PARTICIPATION DE LA COLLECTIVITÉ
Nous sommes conscients
du fait que le présent rapport ne répond pas à
toutes les questions d’impôt relatives aux incapacités.
Certaines questions doivent faire l’objet d’une étude
plus approfondie avant de pouvoir instituer des réformes.
Nous croyons qu’il est important de reconnaître la nécessité
d’adopter une nouvelle approche. Les personnes handicapées
devraient participer à l’élaboration de plans
visant à modifier et à améliorer le système
fiscal dans le but d’éviter les problèmes et
de donner aux gens le sentiment d’être bien servis par
un gouvernement qui les traite équitablement.
Étant donné que les gens ne sont pas des entités
fédérales ou provinciales et qu’ils ne sont
pas isolés des groupes de gens d’affaires, de travailleurs
et autres groupes qui aident à déterminer comment
notre société fonctionne, tout processus de consultation
valable devrait inclure la participation des autres groupes concernés.
Des réformes ont été recommandées sur
certains points ; elles sont à la base de la recommandation
finale du groupe de travail.
Le gouvernement du Canada devrait établir un conseil consultatif,
composé de personnes handicapées, de représentants
du gouvernement fédéral, des gouvernements provinciaux,
de l’industrie de l’assurance, des employeurs et des
syndicats, chargé de recommander (entre autres) des mesures
pour ce qui suit :
Recommandation 52 :
a) un examen des critères et définitions utilisés
pour déterminer l’admissibilité au crédit
des dépenses pour personnes handicapées ;
b) le traitement fiscal uniforme des sources de revenu liées
à une invalidité ;
c) le traitement fiscal des trusts ;
d) la possibilité de regrouper les trois déductions
pour personnes handicapées à charge en une seule ;
e) la mise en place d’incitatifs pour amener les commerces
à éliminer les obstacles ;
f) pour les entreprises constituées en société
et les autres entreprises, un même traitement fiscal des prestations
supplémentaires pour soins médicaux et soins dentaires
;
g) les autres enjeux relatifs au traitement fiscal des personnes
handicapées.
Colin J.S. Cantlie
Président
Association des malentendants canadiens
Présentation : 4 décembre 2001
Ottawa (Ontario)
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