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Mémoire
sur le crédit d’impôt pour personnes handicapées
soumis au Sous comité parlementaire sur la condition des
personnes handicapées
20 novembre 2001
CONTEXTE:
Le crédit d’impôt pour personnes handicapées
(CIPH)a été et demeure un enjeu crucial pour les personnes
avec des déficiences. Depuis plusieurs années, la
communauté cherche obstinément à améliorer
le traitement fiscal imposé aux personnes handicapées
et à garantir une plus grande équité. Elle
doit continuer à le faire. Et pendant ce temps, le ministère
du Revenu et l’Agence canadienne des douanes et du revenu
doivent travailler avec la communauté afin que la société
se charge du fardeau que sont les coûts supplémentaires
liés aux incapacités et qu’un tel fardeau n’incombe
pas uniquement aux particuliers ou à leur famille. Des améliorations
graduelles ont été effectuées au fil des ans.
Mais sans vision à long terme, ce “gradualisme”
peut provoquer plus d’iniquités que d’équité.
La réforme fiscale est une méthode émoussée
en matière de politique sociale. On reconnaît, rapport
après rapport, qu’il n’existe aucune “panacée”
pour éliminer les obstacles qu’affrontent les personnes
avec des déficiences. La communauté a sans cesse recommandé
une plus grande souplesse dans les programmes, moins d’orientation
médicale et une capacité accrue pour répondre
aux besoins particuliers. Le régime fiscal en est loin! Il
est rigide, lent et, à l’heure actuelle, ne traite
que les besoins des personnes ayant un revenu imposable, c’est-à-dire,
des personnes relativement bien nanties. Un vaste examen du traitement
fiscal subi par les personnes handicapées s’impose
donc! Il sera bien accueilli par les personnes handicapées
et leurs organisations.
Pour commencer cette
discussion sur le CIPH, référons-nous au Rapport publié
en 1996 par le Groupe de travail concernant les personnes handicapées.
EXTRAIT DU RAPPORT
DU GROUPE DE TRAVAIL CONCERNANT LES PERSONNES HANDICAPÉES
Ce Groupe émet
plusieurs recommandations dans son rapport de 1996. Il explique
essentiellement la rationalisation du crédit d’impôt
pour personnes handicapées (CIPH) et les principes devant
sous-tendre sa mise en vigueur. Il recommande en outre d’augmenter
le crédit d’impôt, ce que le gouvernement a fait,
d’autoriser le transfert du CIPH à toute personne de
soutien et d’élargir la liste des professionnels pouvant
certifier l’admissibilité d’une personne. Ces
recommandations ont été implantées jusqu’à
un certain point. Mais si on évalue la conformité
du CIPH à l’objectif primaire, à savoir compenser
les coûts supplémentaires liés aux incapacités,
on est loin du compte.
EXTRAIT DE : “DONNER UN SENS À NOTRE CITOYENNETÉ
CANADIENNE: LA VOLONTÉ D’INTÉGRER LES PERSONNES
HANDICAPÉES”
Chapitre sept: Traitement
équitable des coûts liés aux incapacités
Avoir une incapacité
entraîne presque toujours des coûts supplémentaires.
Règle générale, ces coûts, qui peuvent
varier énormément d’une personne à l’autre,
sont payés par le gouvernement, par une compagnie d’assurance
privée ou encore par la personne handicapée elle-même.
Les coûts liés aux incapacités englobent de
nombreuses dépenses: une personne handicapée peut
devoir suivre une diète spéciale ou consommer des
suppléments nutritionnels; il y a également les dépenses
extraordinaires pour rendre le logement accessible, pour obtenir
de l’aide et des services, des aides techniques et des appareils.
Il faut également tenir compte des coûts intangibles
associés à la vie de tous les jours, coûts qui
sont plus important à cause de l’incapacité.
Tous ces coûts font partie des coûts liés aux
incapacités.
Au cours des consultations
menées par le Groupe de travail, les participants ont donné
de nombreux exemples de ces coûts. Un certain nombre d’entre
eux ont mis en évidence les problèmes auxquels ils
ont dû faire face pour avoir accès à de l’aide
et des services répondant à leurs besoins. D’autres
personnes nous ont dit que les coûts variaient énormément
d’une province à une autre ou d’une région
à une autre dans une même province. Par ailleurs, les
différents modes de compensation des coûts supplémentaires
liés aux incapacités font en sorte qu’un grand
nombre de personnes handicapées se trouvent dans l’impossibilité
d’aller s’installer dans une autre province par crainte
de ne plus avoir accès à l’aide et aux services
auxquels elles avaient droit dans leur province d’origine,
ou d’avoir à assumer des dépenses supplémentaires
qui ne leur incombaient pas dans cette même province.
Nous recommandons....
41. Le gouvernement du
Canada devrait faire la distinction entre les mesures liées
aux coûts des incapacités, d’une part, et les
mesures qui permettent aux personnes handicapées d’obtenir
des revenus.
Fiscalité
et coûts liés aux incapacités
Le gouvernement fédéral
devrait prendre des mesures pour régler le problème
des coûts liés aux incapacités dans son domaine
de compétence, c’est-à-dire en utilisant la
fiscalité. Par conséquent, le gouvernement fédéral
devrait respecter des principes bien définis relatifs au
traitement fiscal, qui contribueraient à éviter les
anomalies que l’on retrouve dans le système d’imposition
actuel du gouvernement fédéral.
Nous recommandons....
42. Le gouvernement du
Canada doit faire en sorte que les prochaines révisions de
la Loi de l’impôt sur le revenu qui ont des incidences
sur les personnes handicapées, reflètent les principes
permettant de s’attaquer aux coûts supplémentaires
liés aux incapacités des personnes. Voici ces principes:
- Les personnes handicapées qui désirent mener des
activités normales doivent engager des dépenses extraordinaires;
- Certains coûts sont généraux et intangibles
et d’autres peuvent être justifiés par des reçus;
- Le fait d’intégrer ces coûts au régime
fiscal ne constitue pas un don de charité mais un traitement
équitable;
- Le fait d’intégrer ces coûts au régime
fiscal devrait favoriser l’embauche des personnes handicapées
plutôt qu’y nuire;
- Les coûts liés aux incapacités sont plus lourds
pour les personnes ayant un revenu limité;
- Ces coûts ne sont pas payés uniquement par les personnes
qui ont un revenu imposable.
Impossible d’y
arriver seul
Nous savons que toute
réforme en profondeur portant sur les coûts liés
aux incapacités exige la collaboration des gouvernements
provinciaux. Une bonne collaboration peut assurer que des mesures
d’équité mises de l’avant par un palier
de gouvernement ne soient pas annulées par d’autres
dispositions prises, à un autre palier gouvernemental, dans
le but d’économiser de l’argent. Nous désirons
nous assurer qu’une augmentation des dépenses fédérales
mènerait à un gain net pour les personnes handicapées;
par exemple, si le gouvernement fédéral décidait
de rembourser tout crédit d’impôt relatif aux
coûts liés aux incapacités, les provinces ne
devraient pas réduire leurs dépenses d’aide
aux personnes avec des déficiences. Nous voulons éviter
que les provinces réduisent le soutien du revenu qu’elles
accordent aux personnes qui reçoivent de l’aide sociale
- la plupart de ces personnes bénéficieraient, pour
la première fois, d’un crédit d’impôt
s’il était remboursable.
Le gouvernement canadien
devrait tenter de mettre au point un programme pan-canadien qui
apporterait des solutions aux problèmes de mobilité
et d’égalité des résultats à travers
le pays. Un tel programme aurait pour but de faire en sorte que,
dans des circonstances semblables, les personnes soient traitées
en toute justice et équitablement.
Nous recommandons....
43. Considérant
les principes de la recommandation 42, le gouvernement du Canada
devrait collaborer avec les provinces pour faire face aux coûts
supplémentaires liés aux incapacités, afin
d’identifier les éléments clés que pourrait
financer un programme pan-canadien. Le gouvernement fédéral
devrait demander à deux ou trois provinces:
a) De mettre au point de nouvelles formules d’appui aux personnes
handicapées, mesures propices à la participation à
la vie économique et sociale; et
b) D’identifier les enjeux en matière de financement
provisoire que les gouvernements fédéral et provinciaux
devraient aborder conjointement.
QUESTIONS ÉMANANT
DE L’EXAMEN ACTUEL DE L’ACDR
Depuis le rapport du
Groupe de travail, plusieurs initiatives ont été mises
de l’avant pour réduire le nombre de requérants
admissibles, notamment en 1996 et en 1997. En fait, l’Agence
canadienne des douanes et du revenu (ACDR) admet, qu’à
cette époque, l’admissibilité de 10 000 prestataires
avait été révoquée. L’ACDR vient
d’entreprendre une révision, ciblant 75 000 à
90 000 personnes ayant bénéficié du CIPH. L’ACDR
soutient qu’elle a besoin de renseignements supplémentaires
pour confirmer leur admissibilité. Ces bénéficiaires
ont reçu une lettre de l’ACDR qui déclare: “Après
avoir examiné votre dossier, nous avons conclu que nous n’avions
pas suffisamment d’informations pour autoriser votre requête
pour l’année 2001 et les prochaines années fiscales”.
Si l’Agence a besoin d‘un supplément d’informations,
pourquoi ne pas le dire tout simplement au lieu de révoquer
l’admissibilité? Cet examen laisse le CCD assez sceptique
car les révisions passées se sont soldées par
des compressions chez les personnes admissibles. Ce scepticisme
s’accroît puisque nous savons que la loi stipulant les
critères/définition d’admissibilité n’a
pas été modifiée. Si la définition n’a
pas été modifiée, cet examen ne vise-t-il pas
tout simplement à réduire le nombre de personnes admissibles?
De plus, lors du vaste
débat portant sur les initiatives pour les personnes avec
des déficiences, les mesures de soutien ont été
jugées prioritaires. Et les discussions sur un CIPH remboursable
ont constitué la première étape d’une
initiative qui, nous l’espérons tous, sera beaucoup
plus concrètes. Est-on en train de réduire l’admissibilité
afin de réduire les coûts d’un CIPH remboursable?
Lors d’une conversation
téléphonique avec un représentant de l’ACDR,
il a été suggéré que les progrès
médicaux pourraient permettre à certaines personnes
de ne plus être limitées dans leurs activités
de la vie quotidienne. C’est peut-être le cas pour un
petit secteur de la communauté mais les usagers de fauteuils
roulants ne marchent toujours pas et les aveugles ne voient pas
encore. Un membre du CCD a malicieusement suggéré
que son docteur écrive à l’ACDR pour se plaindre
de “l’absence de miracles” et lui indique que
les personnes handicapées continueront à réclamer
le CIPH pendant qu’elle continuera à espérer
des miracles. La médecine aurait-elle tellement progressé
que des personnes autrefois admissibles au CIPH ne le seraient plus?
Le fait que les dossiers
soient incomplets, comme le signale l’ACDR, n’a rien
à voir avec le type de documents soumis par les demandeurs
du CIPH. Au cours des années, ce programme a été
géré par divers ministères. Des dossiers ou
documents auraient-ils été perdus ou égarés
pendant le transfert d’un ministère à l’autre?
Les personnes avec des déficiences comprennent fort bien
que les programmes soient soumis à de constantes vérifications
visant à évaluer leur conformité aux objectifs
de base. Le CCD estime qu’au lieu de chercher à révoquer
l’admissibilité des personnes, le processus devrait
vérifier si le système actuel répertorie adéquatement
les personnes encourant des coûts supplémentaires liés
à leurs incapacités. Quel est le but réel de
cet examen: économiser des dollars ou réaliser l’intention
initiale du programme? Si l’économie est visée,
alors le but du CIPH a changé.
ENJEUX À
LONG TERME
Le CIPH est un programme
crucial pour les personnes avec des déficiences. S’il
accorde d’importants bénéfices à plusieurs
personnes, il comporte néanmoins certaines limitations qui
devraient être corrigées lors des révisions.
LA SEMPITERNELLE
QUESTION DE LA DÉFINITION DE L’INCAPACITÉ
Il n’y a pas de
poudre de perlimpinpin pour définir l’incapacité.
Les définitions ont évolué au fil des ans.
Nous avons fini par cerner l’incapacité non pas comme
une déficience due à un problème uniquement
personnel mais plutôt comme un concept social qui, au lieu
de viser le fonctionnement mental ou physique, doit cibler les obstacles
environnementaux à la participation. Pour le CIPH, la définition
de l’incapacité est établie comme suit:
- “Vous pouvez demander le montant pour personne handicapée
si une personne qualifiée atteste l’une des conditions
suivantes:
- Vous êtes toujours ou presque toujours aveugle, même
à l’aide de lentilles correctives ou de médicaments
et votre déficience est prolongée.
- Vous avez une déficience mentale ou physique grave qui
vous limite de façon marquée dans une activité
courante de la vie quotidienne et votre déficience est prolongée”.
Il existe une nouvelle
catégorie pour “soins thérapeutiques essentiels
au maintien de la vie” destinée aux personnes ayant
besoin de soins thérapeutiques comme les dialyses.
La Loi de l’impôt
sur le revenu établit la définition et l’ACDR
est chargée de gérer l’admissibilité.
Le CCD soutient que la définition devrait être révisée
et que la méthodologie appliquée pour déterminer
l’admissibilité devrait être améliorée.
Plusieurs problèmes doivent être corrigés, notamment:
- L’utilisation du système médical pour certifier
l’admissibilité;
- La définition limitée des “activités
courantes de la vie quotidienne”;
- La nécessité de poser des questions pertinentes
pour obtenir des renseignements.
UTILISER LE SYSTÈME
MÉDICAL POUR CERTIFIER L’ADMISSIBILITÉ
C’est un sempiternel
problème pour les personnes avec des déficiences.
En fait, plusieurs d’entre vont plus souvent voir leur médecin
pour des certificats, comme le CIPH, la pension invalidité
du RPC, le stationnement pour personnes handicapées, que
pour des raisons de santé. Il n’existe, au sein de
la communauté médicale, aucune controverse quant au
diagnostic d’une déficience mentale ou physique. En
revanche, la définition des conséquences incapacitantes
d’une déficience est une question beaucoup plus complexe.
Le CCD soutient que de nombreux médecins ne sont pas vraiment
qualifiés à cette fin. Une autre question se pose:
pourquoi imposer à un système déjà surchargé
des services qui n’ont rien à voir avec la santé
ou les soins médicaux? Est-ce que les médecins saisissent
bien les conditions et leur impact sur les activités effectuées
à la maison, au travail, à l’école ou
dans la communauté?
De plus, et dans plusieurs
cas, le système médical impose des frais pour des
certificats d’attestation. Le coût varie de 15 à
20 $ pour signer un formulaire quelconque. Si l’examen des
dossiers de 90 000 bénéficiaires impose une visite
chez le médecin à raison de 20$ la visite, le coût
total s’élèvera à 1 800 000 $. Des améliorations
et un élargissement de la liste des personnes qualifiées
pour certifier l’admissibilité ont été
effectuées. Mais la question fondamentale des gardiens les
plus appropriés n’a pas été résolue.
DÉFINITION
LIMITÉE DES “ACTIVITÉS COURANTES DE LA VIE QUOTIDIENNE”
Pour le CIPH, les activités
courantes de la vie quotidienne sont:
- Marcher
- Parler
- Percevoir, penser et se souvenir
- Entendre
- Se nourrir et s’habiller
- Éliminer les déchets du corps humain
Ces “activités
courantes de la vie quotidienne n’incluent pas les activités
générales comme le travail, l’entretien ménager
et les activités socio-récréatives”.
La définition actuelle est très limitée. Certaines
personnes ne seront peut-être pas limitées dans ces
domaines mais elles assumeront d’énormes coûts
supplémentaires liés à leur incapacité.
Prenons l’exemple d’une personne qui, suite à
la polio, a perdu l’usage de ses bras. Elle pourra peut-être
effectuer toutes les activités sus-mentionnées grâce
à des moyens adaptés qui la rendront autonome. Mais
il y aura quand même des coûts supplémentaires
notamment pour défrayer des vêtements adaptés
qui lui permettront de s’habiller facilement, ou une voiture
qu’elle pourra conduire ou pour payer un stationnement près
du travail au lieu d’un stationnement moins cher mais plus
éloigné. Tous ces coûts supplémentaires
ne seront pas compensés par le programme d’avantages
sociaux des employés ni par le programme de réfection
des véhicules ni par le programme d’adaptation en milieu
de travail. Cette extrême limitation de la définition
des “activités courantes de la vie quotidienne”
va à l’encontre de l’objectif du CIPH qui est
de compenser les coûts supplémentaires liés
aux incapacités. Ces coûts supplémentaires doivent
inclure les coûts liés au travail, à l’entretien
ménager et aux activités socio-récréatives
que nul autre programme ne vise à compenser.
DES QUESTIONS
PERTINENTES POUR OBTENIR DES RENSEIGNEMENTS
Dans le passé,
le CCD a collaboré avec l’ACDR à la mise sur
pied d’un questionnaire visant à déterminer
l’admissibilité au CIPH. Ce processus devrait être
effectué sur une base continue afin d’améliorer
les questions permettant d’obtenir les renseignements nécessaires
à la certification. Au milieu des années 1990, l’ACDR
avait constitué un comité consultatif. Il ne fonctionne
plus depuis cinq ans environ. Mais un meilleur mécanisme
s’impose.
Le CCD est particulièrement
préoccupé par la question: “Votre patient est-il
capable de percevoir, de réfléchir et de se souvenir?”
Cette question a pour but d’obtenir des renseignements sur
les personnes ayant des troubles psychiatriques, de développement
ou d’apprentissage. Si le CCD appuie le mécanisme de
définition fonctionnelle, il estime que cette question n’atteint
pas l’objectif désiré. Plusieurs personnes ayant
des problèmes épisodiques de santé mentale
risquent, à l’occasion, de ne pas être en mesure
de percevoir, penser ou se souvenir. Mais ce n’est pas un
état permanent. Or, les professionnels de la santé
risquent de répondre “non” à la question
et, par conséquent, de disqualifier le patient.
Plusieurs personnes ayant
des troubles de développement ont développé
des mécanismes qui leur permettent de penser, de percevoir
ou de se souvenir, comme faire appel à des groupes de soutien,
à la famille, à des formateurs en milieu de travail,
à des conseillers, etc.. Par conséquent, à
cause de la question, ces personnes risquent d’être
disqualifiées. Mais elles devront peut-être assumer
des coûts supplémentaires.
Le processus de certification
des “activités courantes de la vie quotidienne”
inclut le concept de temps “excessif” pour effectuer
certaines activités. Mais en réalité. Qu’est-ce
que ce “temps excessif”? Une personne peut être
capable de parcourir cinquante (50) mètres et ce, dans un
temps raisonnable. Mais parcourir une telle distance peut amenuiser
son énergie et ses capacités au point où elle
ne pourra faire autre chose cette journée-là. Des
définitions inflexibles et rapides sont quelquefois inapplicables.
Par conséquent, le processus de certification doit être
beaucoup plus souple pour faciliter l’admissibilité
au CIPH.
À la fin du certificat,
les médecins doivent “ indiquer le diagnostic médical
relatif à la déficience et décrire les limitations
ainsi que les appareils utilisés”. Or, le questionnaire
est établi sur une base binaire. Il faut y répondre
par oui ou par non. Estimant avoir déjà établi
l’inadmissibilité du patient par le biais des réponses
aux questions préalables, certains médecins risquent
d’occulter la question beaucoup plus souple ayant trait au
diagnostic. Il faudrait donc inclure un élément beaucoup
plus souple qui permettrait au demandeur ou son “gardien”
approprié d’identifier les coûts supplémentaires
liés à son incapacité. L’orientation
de la définition fonctionnelle est certes une amélioration
par rapport au diagnostic médical catégorique. Mais
pour instiller une plus grande flexibilité et pour mieux
répondre aux objectifs du programme, les questions suivantes
devraient être ajoutées:
- Devez-vous assumer
en permanence des coûts supplémentaires liés
à votre incapacité et non compensés par un
autre programme?
- Quelle est la nature de ces coûts supplémentaires?
La définition
fonctionnelle reconnaît l’évolution de la pensée
en ce qui a trait à la définition de l’incapacité.
Mais ce n’est pas l’outil le plus parfait pour établir
les coûts supplémentaires subis par le demandeur à
cause de son incapacité.
Le CCD demande au ministère
des Finances et à l’Agence canadienne des douanes et
du revenu de collaborer avec la communauté afin d’améliorer
notre système fiscal et le rendre plus équitable pour
les Canadiens avec des déficiences.
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