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Chapitre 4 : Mesures pour les aidants naturels et les enfants handicapés
Introduction
Les mesures fiscales destinées aux personnes handicapées doivent viser avant tout à favoriser linclusion, léducation et lemploi de ces personnes. Or, dans les faits, beaucoup de personnes handicapées comptent à divers degrés sur leur famille et leurs amis pour obtenir un soutien, financier ou autre. À ce propos, il faut tenir compte de la situation de deux groupes distincts : celui des aidants qui soutiennent un adulte handicapé et celui des familles qui élèvent un enfant handicapé.
Un grand nombre dadultes handicapés ont besoin dune aide dont la nature varie. Selon lEnquête sur la participation et sur limitations dactivités de 2001, à peu près 1,2 million de personnes handicapées de 15 à 64 ans ont déclaré avoir obtenu de laide1.
Les personnes qui soccupent de membres adultes de leur famille jouent un rôle vital pour permettre aux personnes handicapés et aux aînés canadiens de vivre au sein de la collectivité. En fait, cette aide intrafamiliale informelle est un aspect crucial du réseau daide publique et privée offert à ceux qui en ont besoin. Elle permet de dispenser des soins personnalisés dans un cadre familier et de soulager les administrations publiques du fardeau des coûts substantiels quelles devraient autrement assumer.
Selon lEnquête sociale générale de 2002, la grande majorité des aidants ont une opinion positive de leurs responsabilités2. Le problème réside dans les conséquences parfois négatives associées à la prestation de soins, y compris la diminution des temps libres, davantage de problèmes de santé et des dépenses obligatoires plus élevées pour les aidants.
En ce qui a trait aux coûts financiers, les données de lEnquête sociale générale de 2002 révèlent que plus du tiers des aidants de moins de 65 ans ont assumé des dépenses additionnelles en raison de leurs responsabilités, à linstar dun peu moins de 30 % des aidants aînés3. Un grand nombre daidants sont confrontés à des coûts économiques additionnels sous forme de la perte de revenu et davantages sociaux fournis par lemployeur en raison de la modification de leur situation de travail parce quils ont quitté leur emploi, pris une retraite anticipée ou réduit leurs heures de travail. En outre, les aidants informels ne sont habituellement pas rémunérés à ce titre.
Les données de lEnquête sociale générale de 2002 révèlent quenviron le quart (27 %) des aidantes de 45 à 64 ans et que 14 % des aidants du même groupe dâge ont déclaré un changement de leur mode de travail4. Environ une femme sur dix et une proportion légèrement moins élevée dhommes ont perdu des revenus en raison de leurs responsabilités daidants5.
Les familles qui élèvent des enfants handicapés doivent aussi composer avec de nombreuses difficultés que ne vivent pas les autres familles. LEnquête sur la participation et les limitations dactivités révèle quà peu près un enfant sur quatre ayant une limitation dactivité, sous quelque forme que ce soit, a obtenu de laide au titre de ses activités quotidiennes (y compris les soins personnels) en raison dun problème de santé ou dune affection6,7. Cette enquête révèle aussi que les ménages ayant des enfants handicapés ont des revenus moins élevés que les ménages ayant des enfants non handicaps8.
Dans le présent chapitre, nous examinons comment le régime de limpôt sur le revenu des particuliers tient compte des coûts additionnels engagés par les aidants (dadultes et denfants handicapés). Lattribution de fonds aux parents ne consiste toutefois pas seulement à tenir compte des dépenses quils assument à légard dune incapacité. Le soutien des familles avec des enfants comporte un important volet de développement. Le présent chapitre est donc divisé en deux sections afin de faire état de ces deux objectifs distincts de laide aux aidants : tenir compte du coût de lincapacité et offrir un soutien additionnel au titre du développement de lenfant.
Dans la première section, nous abordons dabord brièvement le rôle que doit jouer le régime fiscal pour sattaquer au problème des dépenses assumées par les aidants. Nous nous attaquons ensuite aux mesures fiscales complexes et diverses à lintention des personnes qui soccupent dadultes handicapés.
Le Comité a envisagé la possibilité de majorer les crédits qui tiennent compte des dépenses indirectes, qui ne peuvent être détaillées, assumées par les aidants. Nous y avons toutefois renoncé étant donné que ces crédits sadressent notamment aux aidants de personnes de plus de 65 ans qui peuvent avoir ou non une déficience, si bien que ces crédits ne ciblent pas bien les aidants de personnes handicapées, qui constituent notre priorité. De plus, le fait daccorder un allégement fiscal relativement à des dépenses particulières pouvant être détaillées garantit que ces mesures profitent davantage aux personnes qui en ont le plus besoin. Nous suggérons toutefois que le gouvernement fédéral simplifie et regroupe, dans la mesure du possible, les diverses mesures à lintention des aidants.
En ce qui concerne le crédit dimpôt pour frais médicaux, qui tient compte des dépenses qui peuvent être détaillées ou des dépenses liées à une incapacité particulière engagées par des aidants pour les personnes à leur charge, nous recommandons quil soit modifié de manière à permettre aux personnes qui soccupent dun parent handicapé de demander le remboursement dun montant plus élevé.
Même sil est crucial de veiller à ce que le régime fiscal tienne compte des dépenses engagées par les aidants, nous estimons aussi quil est important de permettre aux aidants dépargner afin de pouvoir offrir une meilleure qualité de vie à la personne à leur charge. Nous recommandons donc que des modifications soient apportées aux actuelles dispositions de roulement qui sappliquent aux régimes enregistrés dépargne-retraite (REER) et aux fonds enregistrés de revenu de retraite (FERR).
La deuxième section du présent chapitre porte sur les dispositions fiscales à lintention des familles qui soccupent dun enfant handicapé. Nous croyons fermement que la Prestation pour enfants handicapés constitue la clé de laide aux familles à revenu faible et modeste qui soccupent dun enfant handicapé, et nous recommandons en conséquence quelle soit majorée.
Mesures pour les aidants naturels dadultes à charge
Reconnaissance fiscale des dépenses des aidants
Les aidants peuvent être confrontés à deux
genres de coûts financiers : les faux frais, ou dépenses
indirectes, et la réduction de leur revenu attribuable à
limpossibilité doccuper un emploi stable ou à
temps plein. Le régime fiscal ne peut tenir compte de ces
coûts que dans une certaine mesure.
Le régime fiscal na pas pour objet de compenser ou
de rembourser les dépenses que les particuliers assument
ou les revenus auxquels ils renoncent. Il vise plutôt à
tenir compte des coûts additionnels engagés par les
Canadiens qui, en raison dune situation particulière,
ont une capacité contributive réduite.
Léquité fiscale exige que des personnes dans
des situations semblables ayant des revenus comparables paient à
peu près les mêmes impôts. Les coûts assumés
par les aidants sont reconnus par le régime fiscal au moyen
de crédits dimpôt, faisant en sorte que ceux
qui encourent des dépenses pour dispenser des soins aux personnes
à leur charge ne paient pas davantage dimpôts
que les personnes qui nont pas à payer ces dépenses
mais qui ont le même revenu net.
Le régime fiscal constitue toutefois un instrument rudimentaire
pour accorder un allégement aux aidants. Le régime
fiscal est efficace dans les cas où la population cible est
facilement identifiable p. ex. si ladmissibilité
est fondée sur le niveau de revenu, lâge ou le
nombre denfants et quand tous les membres dune
population donnée sont confrontés à peu près
aux mêmes coûts liés à des situations
semblables.
Le régime fiscal nest toutefois pas le meilleur mécanisme
de prestation quand la population est difficile à circonscrire
ou confrontée à des coûts divers. En ce qui
concerne ladmissibilité, il nexiste pas de caractéristique
simple et évidente qui permette de confirmer le statut daidant.
En outre, les personnes handicapées et les aînés
constituent une population hétérogène dont
les besoins et les coûts afférents varient beaucoup,
ce qui signifie que les aidants sont aussi confrontés à
des coûts très variables.
Dans les cas où les coûts sont difficilement quantifiables,
le régime fiscal ne prévoit quun allégement
forfaitaire pour les personnes qui satisfont à certains critères.
Il ne joue donc quun rôle limité en vue de compenser
ces coûts.
Un grand nombre daidants fournissent des soins et de laide
à des adultes à charge ayant une déficience
ou à des parents et à des grands-parents. Les données
de lEnquête sur la participation et les limitations
dactivités révèlent que, parmi les
adultes handicapés de 15 à 64 ans qui ont déclaré
avoir obtenu de laide, 73 % lont obtenue de membres
de leur famille vivant avec eux, 38 %, de membres de leur famille
qui ne vivent pas avec eux, et 27 %, damis ou de voisins (il
était possible de choisir plus dune réponse)9.
Le régime de limpôt sur le revenu des particuliers
prévoit des mesures qui tiennent compte à la fois
des dépenses qui peuvent être détaillées
et de celles qui ne peuvent lêtre. Les crédits
tenant compte des dépenses pouvant être détaillées
obligent les contribuables à énumérer (détailler)
les dépenses obligatoires particulières quils
doivent assumer. Par exemple, le crédit dimpôt
pour frais médicaux permet de demander le remboursement de
dépenses de santé extraordinaires, y compris celles
qui sont liées à une incapacité. Pour demander
ce crédit, les personnes doivent énumérer leurs
dépenses admissibles. Cette approche maximise léquité
en faisant en sorte que lallégement fiscal corresponde
aux dépenses réelles.
Or, dans de nombreux cas et pour certains genres de dépenses,
cette énumération peut être complexe sur le
plan administratif ou tout simplement inopportune. Ainsi, il ne
serait pas réaliste de demander aux aidants dénumérer
leurs coûts additionnels de transport ou les coûts différentiels
de logement payés au nom des personnes à leur charge.
Dans ces cas, le régime fiscal tient compte des coûts
généraux (qui ne peuvent être détaillés).
Les personnes qui satisfont à certains critères peuvent
demander un montant forfaitaire dallégement fiscal,
peu importe leurs dépenses réelles. Le crédit
pour aidants naturels constitue un exemple de ce genre de mesure.
Les aidants qui soccupent dadultes à charge
profitent actuellement dun allégement fiscal qui tient
compte de dépenses non discrétionnaires par le biais
de mesures relatives aux dépenses générales
qui ne peuvent être détaillées et dune
mesure relative aux dépenses pouvant être détaillées,
le crédit dimpôt pour frais médicaux,
qui concerne des coûts particuliers liés à une
incapacité. Nous examinons tour à tour les deux genres
de mesures.
Mesures relatives aux dépenses ne pouvant être détaillées
Le régime de limpôt sur le revenu des particuliers
prévoit trois mesures offrant un allégement fiscal
à un vaste éventail de particuliers qui offrent leur
soutien et leurs soins à un adulte à charge.
Outre ces mesures, et comme nous lavons signalé au
chapitre 2, si des personnes nont pas assez dimpôt
fédéral à payer pour profiter de lallégement
fiscal offert au moyen du crédit dimpôt pour
personnes handicapées, elles peuvent transférer à
une personne dont elles sont à la charge, la partie du crédit
quelles ne peuvent utiliser. Les aidants quisoccupent
de personnes à faible revenu admissibles au crédit
dimpôt pour personnes handicapées peuvent donc
profiter dun allégement fiscal qui reconnaît
les dépenses liées à une incapacité
quils engagent au nom des personnes à leur charge.
a) Crédit pour aidants naturels
Le crédit pour aidants naturels accorde un allégement
dimpôt aux personnes qui dispensent des soins à
domicile à un parent adulte à charge ayant une déficience,
ou à un parent, à une grand-mère ou à
un grand-père de 65 ans ou plus. Pour 2004, le montant maximal
du crédit se chiffre à 3 784 $ pour cette personne
à charge, ce qui peut entraîner une réduction
maximale de limpôt fédéral de 605 $ (16
% de 3 784 $)10. On soustrait du montant du crédit
une somme équivalant à lexcédent du revenu
net de la personne à charge sur 12 921 $, et le crédit
est nul dès que ce revenu net atteint 16 705 $.
Près de 120 000 Canadiens ont demandé le crédit
pour aidants naturels en 2001, soit lannée la plus
récente pour laquelle des données sont disponibles.
Il est projeté que le crédit procurera un allégement
fiscal de 65 millions de dollars en 2004.
b) Crédit pour personne à charge ayant une déficience
Le crédit pour personne à charge ayant une déficience
procure un allégement fiscal aux personnes qui soutiennent
un parent adulte à charge ayant une déficience. La
personne à charge peut habiter dans une résidence
distincte.
Pour 2004, le montant maximal du crédit sélève
à 3 784 $, soit une réduction maximale de limpôt
fédéral de 605 $ (16 % de 3 784 $). On soustrait du
montant du crédit une somme équivalant à lexcédent
du revenu net de la personne à charge sur 5 368 $, et le
crédit est nul dès que ce revenu net atteint 9 152
$. (Comme nous le verrons, certains aidants peuvent choisir de demander
le crédit pour personne à charge ayant une déficience
ou le crédit pour aidants naturels, mais pas les deux.)
Près de 15 000 personnes ont demandé le crédit
pour personne à charge ayant une déficience en 2001.
Il est projeté que cette mesure fiscale procurera un allégement
fiscal de 5 millions de dollars en 2004.
c) Crédit pour personne à charge admissible
Le crédit pour personne à charge admissible procure
un allégement dimpôt à des personnes qui
dispensent des soins à domicile à un parent, un grand-père,
une grand-mère, un frère ou une sur adulte ayant
une déficience ou un enfant à charge de moins de 18
ans11. La personne à charge doit habiter avec
laidant, et elle doit dépendre entièrement de
celui-ci à un moment donné pendant lannée.
Pour 2004, le montant maximal du crédit sélève
à 6 803 $, soit une réduction maximale de limpôt
fédéral de 1 088 $. Le montant du crédit est
réduit quand le revenu net de la personne à charge
dépasse 681 $, et il devient nul lorsque le revenu net de
la personne à charge atteint 7 484 $.
Seules les personnes célibataires, séparées,
divorcées ou veuves peuvent demander le crédit pour
personne à charge admissible. Les personnes mariées
ou qui ont un conjoint de fait ne peuvent le demander. Le crédit
a pour objet de reconnaître quun contribuable sans conjoint
qui a la charge dun enfant, dun parent, dun grand-père
ou dune grand-mère a une capacité contributive
moindre quune personne dont la situation est semblable et
qui touche le même revenu mais na pas de personne à
charge.
Comme le crédit pour personne à charge admissible
peut être utilisé à légard de personnes
à charge ayant une déficience ou non, on ignore la
proportion de demandeurs de ce crédit qui le réclament
pour un parent adulte ayant une déficience.
Tableau 4.1 : Montants des crédits et seuils de revenus
Année
dimposition 2004 (en dollars)
| |
Crédit pour aidants
naturels
|
Crédit pour personne
à charge ayant une déficience
|
Crédit pour personne
à charge admissible
|
|
Montant du crédit
|
3 784
|
3 784
|
6 803
|
| Seuil du revenu |
12 921
|
5 368
|
681
|
| Revenu au-delà duquel
le crédit est nul |
16 705
|
9 152
|
7 484
|
| Montant maximal de dimpôt
offert (16 % du montant du crédit) |
605
|
605
|
1 088
|
Source : Ministère des Finances
Interaction entre les crédits
Les contribuables mariés ou qui ont un conjoint de fait
peuvent demander le crédit pour aidants naturels ou le crédit
pour personne à charge ayant une déficience à
légard dune personne à charge autre que
leur conjoint ou leur conjoint de fait. Nul, y compris un contribuable
qui demande le crédit pour aidants naturels pour une personne
à charge, ne peut demander le crédit pour personne
à charge ayant une déficience à légard
de cette personne à charge.
Si plus dun contribuable a le droit de demander le crédit
pour aidants naturels ou le crédit pour personne à
charge ayant une déficience à légard
de la même personne à charge, les demandeurs peuvent
diviser le montant demandé pour cette personne à charge.
Le total de leurs demandes combinées ne peut dépasser
le montant maximal attribué à légard
de cette personne à charge.
Les contribuables célibataires, séparés, divorcés
ou veufs qui soutiennent un frère ou une sur adulte
qui habite avec eux et qui est à leur charge en raison dune
déficience mentale ou physique peuvent demander le crédit
pour personne à charge admissible. Les contribuables qui
demandent le crédit pour personne à charge admissible
ne peuvent demander le crédit pour personne à charge
ayant une déficience ou le crédit pour aidants naturels.
Ils peuvent toutefois demander un montant additionnel dans les cas
où la valeur du crédit pour aidants naturels ou du
crédit pour personne à charge ayant une déficience,
sils avaient pu les demander, aurait dépassé
la valeur du crédit pour personne à charge admissible.
Dans ces cas, ils peuvent demander un montant additionnel égal
à lexcédent du crédit pour aidants naturels
ou du crédit pour personne à charge ayant une déficience
(selon le cas) sur le crédit pour personne à charge
admissible.
Ces demandes peuvent être jumelées à une demande
de transfert du crédit dimpôt pour personnes
handicapées de la personne à charge, sil y a
lieu.
Lune des principales préoccupations exprimées
par la collectivité des personnes handicapées est
la complexité des différentes mesures fiscales offertes
aux aidants dadultes à charge et limprécision
relativement aux personnes qui peuvent demander les divers crédits.
Chacune des mesures pour les aidants discutées précédemment
comporte des exigences dadmissibilité uniques et différents
seuils de revenu. En outre, les interactions entre ces crédits
sont complexes (voir lencadré).
Les membres du Comité ont également signalé
que la Loi de limpôt sur le revenu ne définit
pas les termes ´ soutien ª et ´ déficience
ª (des notions importantes en ce qui atrait aux mesures pour
les aidants naturels), ce qui ajoute à limprécision.
De plus, les critères de détermination dune
personne à la charge dun contribuable varient selon
le crédit, comme dans le cas des critères de cohabitation
du contribuable et de la personne à charge et de lâge
de la personne à charge. Dans lensemble, les crédits
décrits dans la présente section ne ciblent pas expressément
les personnes handicapées, auxquelles le Comité sintéresse
en priorité.
Il nest pas évident que pareille complexité
soit nécessaire. En fait, celle-ci a entraîné
chez les contribuables une incompréhension susceptible de
nuire au taux de demande. Nous avons envisagé certaines façons
de simplifier et de grouper les différentes mesures, pour
ensuite constater quune mesure nouvelle et simplifiée
réduirait le montant des prestations pour certaines personnes.
Il serait possible de trouver une solution de rechange qui permettrait
de ne réduire la reconnaissance fiscale pour personne, mais
elle entraînerait des coûts fiscaux substantiels.
Malgré ces difficultés, nous estimons quil
y aurait lieu de se pencher sur le crédit pour aidants naturels,
le crédit pour personne à charge ayant une déficience
et le crédit pour personne à charge admissible afin
de déterminer sil serait éventuellement possible
de simplifier les crédits, et même de les grouper.
Le Comité a aussi envisagé de recommander une bonification
de ces trois mesures pour les aidants. Le montant du crédit
pour aidants naturels et du crédit pour personne à
charge ayant une déficience se chiffre à 3 784 $ en
2004. Ce montant tient compte de dépenses indirectes de tous
les jours, telles que le transport, les médicaments en vente
libre et les fournitures domestiques, engagées dans une année
au titre des soins dispensés à des personnes à
charge. De toute évidence, certains aidants assument des
dépenses qui dépassent de loin ce montant.
Les aidants naturels nont toutefois pas tous à assumer
eux-mêmes des dépenses liées à lexercice
de leurs responsabilités. Selon lEnquête sociale
générale de 2002, à peine le tiers environ
des membres de la famille ou des amis qui soccupent daînés
ayant un problème de santé à long terme assument
des dépenses additionnelles12. En outre, les résultats
dune enquête récente menée pour Santé
Canada, le Profil national des personnes soignantes au Canada,
révèlent quun faible pourcentage daidants
assument eux-mêmes des dépenses qui dépassent
lactuel montant du crédit pour aidants naturels et
du crédit pour personne à charge ayant une déficience13.
De plus, les aidants peuvent profiter dun allégement
dimpôt au moyen du crédit dimpôt
pour personnes handicapées (lequel tient aussi compte des
dépenses qui ne peuvent être détaillées)
transféré de la personne à leur charge.
Selon les données dont nous disposons, il semble que, de
façon générale, les montants actuels des crédits
pour aidants naturels tiennent compte comme il se doit, aux fins
de limpôt, des dépenses courantes assumées
par la plupart des ménages. Nous savons que, dans certaines
circonstances, les dépenses engagées par des aidants
naturels peuvent largement dépasser ces montants. Le Comité
a néanmoins décidé que, sous langle de
la politique fiscale, il ny a pas de raison évidente
de majorer le montant des mesures générales pour les
aidants naturels discutées précédemment. Nous
craignions particulièrement, comme nous lavons signalé,
que ces majorations ne profitent pas nécessairement aux personnes
qui soccupent de personnes handicapées.
Mesure relative aux dépenses pouvant être détaillées
a) Crédit dimpôt pour frais médicaux
Dans de nombreux cas, les aidants assument des frais médicaux
et des dépenses liées à une incapacité,
en plus des dépenses courantes quotidiennes, pour un parent
à charge. Le crédit dimpôt pour frais
médicaux tient compte de leffet, sur la capacité
contributive dun particulier, de frais médicaux ou
de dépenses liées à une incapacité supérieurs
à la moyenne et pouvant être détaillés
(ou spécifiques).
Pour 2004, le crédit correspond à 16 % de lexcédent
du total des frais médicaux admissibles sur le moins élevé
de 1 813 $ et de 3 % du revenu net. Le seuil du revenu net sert
à déterminer ce qui constitue des dépenses
supérieures à la moyenne. Les contribuables peuvent
demander le remboursement des frais médicaux queux-mêmes
et leur conjoint paient.
Lapplication de limpôt aux dépenses payées
par des contribuables au nom de parents à charge déterminés
a été améliorée dans le budget fédéral
de 2004. Auparavant, la capacité des contribuables de demander
le remboursement de dépenses à légard
de parents à charge autres quun conjoint ou quun
enfant dâge mineur était limitée.
Dans le budget fédéral de 2004, le gouvernement a
proposé de permettre aux aidants naturels de demander le
remboursement dune plus grande partie des frais médicaux
et des dépenses liées à une incapacité
quils assument au nom de parents à charge. En particulier,
pour des frais médicaux payés au nom de parents à
charge, comme un parent, un grand-père, une grand-mère,
un frère, une sur, une tante, un oncle, une nièce
ou un neveu, les contribuables pourront demander le remboursement
de lexcédent des frais médicaux admissibles
sur le moins élevé de 3 % du revenu net de la personne
à charge et de 1 813 $14. Le montant maximal admissible
pouvant être demandé au nom de parents à charge
sera de 5 000 $.
Cette disposition fera en sorte que les frais médicaux et
les dépenses liées à une incapacité
assumés par des aidants naturels pour des parents à
charge soient reconnus comme il se doit aux fins de limpôt.
Le Comité accueille favorablement cette mesure.
Nous sommes toutefois préoccupés par le fait que
le montant maximal admissible pouvant être demandé
au nom de parents à charge par des aidants naturels aux termes
du crédit dimpôt pour frais médicaux soit
plafonné à 5 000 $ par année. Même si
ce plafond est suffisant pour certains, dautres, surtout ceux
qui soccupent dune personne à charge ayant une
déficience grave, risquent de constater quil est inférieur
à leurs dépenses réelles.
´ Bon nombre de personnes qui nécessitent des soins
auxiliaires ont besoin denviron six heures de soins par période
de 24 heures, à un taux horaire denviron 13,33 $, soit
plus de 28 000 $ par année. ª [TRADUCTION] Association
canadienne des paraplégiques
Le Comité recommande donc de hausser le montant pouvant
être demandé par des aidants naturels ayant à
leur charge des personnes admissibles au crédit dimpôt
pour personnes handicapées.
RECOMMANDATION 4.1
Le Comité recommande que :
Le plafond des dépenses pouvant être demandées
par des aidants naturels aux termes du crédit dimpôt
pour frais médicaux soit porté de 5 000 $ à
10 000 $ pour ceux qui ont des parents à charge admissibles
au crédit dimpôt pour personnes handicapées.
Le coût estimatif de cette mesure se chiffre à 5 millions
de dollars par année.
La majoration du montant maximal admissible permettrait aux aidants
naturels de demander le remboursement dune plus grande partie
des frais médicaux et des dépenses liées à
une incapacité quils assument au nom de parents à
charge (voir lexemple qui suit).
Reconnaissance fiscale des frais médicaux payés par
des aidants naturels
Diane est le soutien de son fils adulte, Patrick, qui est admissible
au crédit dimpôt pour personnes handicapées.
Patrick occupe un emploi à temps partiel qui lui rapporte
10 000 $ par année. Diane paie la totalité des frais
médicaux de Patrick, qui sélèvent à
8 000 $ par année. Le revenu net de Diane sélève
à 50 000 $.
Aux termes de la mesure instaurée dans le budget fédéral
de 2004, Diane pourrait demander le remboursement de la partie des
frais médicaux de Patrick qui dépasse 3 % du revenu
net de Patrick, à concurrence de 5 000 $. Le plafond de 5
000 $ empêcherait Diane de demander le remboursement de toutes
les dépenses au-delà du seuil des 3 % du revenu net
de Patrick. Elle demanderait le remboursement de 5 000 $ de dépenses,
soit une réduction de limpôt fédéral
sur le revenu de 800 $ (5 000 $ x 16 %).
Frais médicaux engagés au nom de Patrick 8
000 $
Moins : 3 % du revenu net de Patrick (10 000 $ x 3 %) -300
$
Frais médicaux nets 7 700 $
Si le plafond était haussé de 5 000 $ à 10
000 $, Diane pourrait demander le remboursement de 7 700 $ de dépenses,
soit une réduction de limpôt fédéral
sur le revenu de 1 232 $ (7 700 $ x 16 %).
Règles sur le roulement du produit de régimes enregistrés
dépargne-retraite et
de fonds enregistrés de revenu de retraite
Les aidants naturels doivent aussi planifier en prévision
de lavenir. Lune des principales préoccupations
des parents qui soccupent denfants gravement handicapés
consiste à assurer leur protection pendant leur vie et après
leur décès.
´ Quand nous pensons à assurer une bonne qualité
de vie aux membres de notre famille qui sont handicapés,
nous devons aussi penser à ce qui leur arrivera après
notre décès. En fait, ce qui arrivera alors à
notre fille ou notre fils handicapé est lune de nos
préoccupations constantes. ª [TRADUCTION] Planned
Lifetime Advocacy Network
Même sil nexiste pas de mécanisme particulier
assorti dune aide fiscale aux fins de lépargne
liée à une incapacité, le régime fiscal
prévoit des mesures qui appuient lutilisation de lépargne
profitant dun report dimpôt à cette fin.
Les personnes handicapées et leurs familles, comme tous les
Canadiens, peuvent profiter dun report de limpôt
sur les cotisations à un régime enregistré
dépargne-retraite (REER), ce qui incite et aide les
Canadiens à épargner en prévision de la retraite.
Les cotisations à ces régimes sont déductibles
dimpôt. Le revenu de placement nest pas imposé
pendant quil saccumule, et tous les retraits et les
paiements de prestations sont inclus dans le revenu et imposés
aux taux courants.
Quand le rentier (ou le propriétaire) dun REER ou
dun fonds enregistré de revenu de retraite (FERR)15
décède, la valeur du REER ou du FERR est habituellement
incluse dans le calcul du revenu de la personne décédée
pour lannée de son décès. Des mesures
fiscales préférentielles sont toutefois prévues
dans certains cas relativement aux distributions de REER ou de FERR,
dont la distribution du produit à un enfant ou un petit-enfant
qui était à la charge financière du rentier
décédé en raison dune déficience
mentale ou physique. Dans ce cas, le produit du régime enregistré
dépargne-retraite ou du FERR peut être transféré
à labri de limpôt au régime enregistré
dépargne-retraite de lenfant, ou il peut servir
à acquérir une rente viagère immédiate.
Pour 2004, un enfant ou un petit-enfant est considéré
être à la charge financière dune personne
si le revenu de lenfant pour lannée précédant
celle du décès était inférieur à
14 035 $. Ce seuil est indexé pour inflation.
Dans sa présentation au Comité, le Planned Lifetime
Advocacy Network a proposé un certain nombre de modifications
des dispositions actuelles concernant le roulement du produit de
REER et de FERR au profit dune personne handicapée
à charge.
Nous avons examiné attentivement ces propositions et dautres
semblables. Même si certaines dentre elles pourraient
offrir une marge de manuvre sensiblement accrue aux fins du
soutien que procurent les REER aux personnes à charge ayant
une incapacité, le Comité souhaitait que le traitement
fiscal préférentiel soit réservé aux
cas où le régime profite exclusivement à une
personne handicapée. Le principal enjeu est la volonté
dinstaurer un volet discrétionnaire à légard
des distributions annuelles à des personnes handicapées
qui pourraient être les bénéficiaires dun
REER.
Comme il est difficile de prévoir les besoins et la situation
des personnes handicapées de nombreuses années à
lavance, ce volet discrétionnaire permettra de faire
en sorte que les paiements correspondent aux besoins réels.
Il pourra aussi permettre de régir les distributions à
des personnes handicapées, ou pour elles, de manière
à ce quelles continuent davoir droit à
laide sociale et à dautres programmes daide
publique. Il pourrait toutefois aussi permettre à des personnes
non handicapées de profiter du report dimpôt.
Compte tenu de toutes ces préoccupations, nous estimons
quil serait justifié daccroître, sous réserve
des mesures qui simposent, la marge de manuvre relativement
aux régimes enregistrés qui ont pour objet de procurer
des avantages à des personnes handicapées.
RECOMMANDATION 4.2
Le Comité recommande que :
Le gouvernement examine les règles relatives aux régimes
enregistrés dépargne-retraite (REER) et aux
fonds enregistrés de revenu de retraite (FERR), de manière
à accroître la marge de manuvre à légard
du produit du REER ou du FERR quune personne décédée
laisse à un enfant ou à un petit-enfant handicapé
qui était à sa charge financière. Ces dispositions
devraient notamment permettre le roulement de ce produit à
une fiducie discrétionnaire au nom de cet enfant ou petit-enfant
handicapé, pourvu que, tout au long de sa vie, ce dernier
soit le seul à avoir accès au revenu ou au capital
de la fiducie.
Le coût en revenus de cette mesure est modeste.
Dans le cadre de nos délibérations, nous avons aussi
constaté que la mise sur pied de régimes dépargne
à impôts prépayés a été
suggérée par de nombreux experts de la politique fiscale.
Si un tel mécanisme devait être établi, des
familles pourraient y recourir pour assurer un soutien additionnel
à long terme à leurs enfants handicapés.
Un régime dépargne à impôts prépayés
est un véhicule dépargne enregistré dans
lequel les cotisations ne sont pas déductibles aux fins de
limpôt, le revenu annuel tiré du régime
est exonéré dimpôt et les distributions
du régime ne sont pas incluses dans lassiette fiscale.
Le Comité estime que, si le gouvernement instaure un tel
régime, la situation des personnes à charge handicapées
devrait faire lobjet de mesures particulières.
Mesures pour les enfants handicapés
Selon lEnquête sur la participation et les limitations dactivités de 2001, environ 155 000 enfants de 5 à 14 ans vivant dans des ménages avaient une limitation dactivité cette année-là. Ce chiffre représente à peu près 4 % des enfants de ce groupe dâge. De ce nombre, environ 89 000, soit 57 %, avaient une incapacité légère ou modérée, tandis que les 66 000 autres, soit 43 %, avaient une incapacité grave ou très grave16.
La plupart des parents ou des tuteurs denfants handicapés sont confrontés à des difficultés additionnelles. Les coûts supplémentaires auxquels sont confrontés les personnes qui élèvent des enfants handicapés peuvent entraîner des difficultés financières. Les besoins des enfants obligent souvent un parent à quitter son emploi ou à chercher un emploi à temps partiel ou moins exigeant. Comme dans la plupart des familles, ces parents veulent que leurs enfants puissent profiter des mêmes possibilités de développement que les autres enfants.
Il existe trois mesures fiscales pour les familles qui soccupent dun enfant admissible au crédit dimpôt pour personnes handicapées, qui tiennent compte du fardeau financier imposé aux familles. Les deux premières mesures reflètent les coûts plus élevés que doivent assumer les personnes qui élèvent un enfant handicapé. La troisième est un supplément de la Prestation fiscale canadienne pour enfants, une prestation offerte dans le cadre du régime fiscal. De lavis du Comité, cette dernière tient compte aussi de la nécessité daider les familles à assurer le développement de leurs enfants.
Supplément du crédit dimpôt pour personnes handicapées pour enfants
Le crédit dimpôt pour personnes handicapées est assorti dun supplément pour enfants qui procure un allégement dimpôt additionnel à légard dun enfant ayant une déficience lourde et prolongée admissible au crédit dimpôt pour personnes handicapées.
Pour 2004, le supplément accorde une réduction additionnelle dimpôt fédéral pouvant atteindre 605 $, ou 16 % de 3 784 $. Pour que cette aide additionnelle profite aux familles qui fournissent des soins non rémunérés, on soustrait du supplément de 3 784 $ lexcédent des frais de garde denfants ou de préposé aux soins sur le montant de 2 216 $ demandé en vertu du crédit dimpôt pour frais médicaux.
Le nombre de déclarants qui demandent le supplément du crédit dimpôt pour personnes handicapées pour enfants nest pas connu étant donné quil est combiné à celui de tous les autres contribuables qui demandent le crédit. De même, la dépense fiscale consacrée au crédit dimpôt pour personnes handicapées inclut celle qui est affectée au supplément du crédit dimpôt pour personnes handicapées pour enfants.
Déduction pour frais de garde denfants
La déduction pour frais de garde denfants tient compte des frais de garde denfants engagés par les chefs de familles monoparentales et les familles à deux revenus afin de gagner un revenu dentreprise ou demploi, de poursuivre des études ou deffectuer des recherches. Les frais de garde denfants des couples peuvent aussi être reconnus quand lun des parents, ou les deux, poursuivent des études, ou quand un parent est incapable de soccuper dun enfant en raison dune déficience mentale ou physique. Un médecin doit attester la déficience par écrit.
En général, la déduction pour frais de garde denfants peut être demandée à légard des enfants de moins de 16 ans. Le plafond est fixé à 7 000 $ pour les enfants de moins de 7 ans, et à 4 000 $ pour les enfants de plus de 7 ans. Le remboursement des frais de garde denfants peut toutefois être demandé à légard des enfants de tout âge qui sont à la charge dune personne en raison dune déficience mentale ou physique (y compris les enfants admissibles au crédit dimpôt pour personnes handicapées). De plus, le plafond de la déduction pour frais de garde denfants est plus généreux au titre des enfants admissibles au crédit dimpôt pour personnes handicapées (10 000 $, peu importe leur âge).
Prestation pour enfants handicapés
Le principal instrument fédéral daide financière aux familles avec des enfants est la Prestation fiscale canadienne pour enfants (PFCE), une prestation fondée sur le revenu offerte dans le cadre du régime fiscal. La PFCE est constituée de deux grandes composantes : la prestation de base de la PFCE, qui aide les familles à revenu faible et moyen, et le supplément de la Prestation nationale pour enfants, qui procure une aide additionnelle aux familles à faible revenu. La prestation de base de la PFCE et le supplément de la Prestation nationale pour enfants sont tous deux fondés sur le revenu familial net.
La PFCE est assortie dun supplément, la Prestation pour enfants handicapés, qui a été instaurée dans le budget fédéral de 2003. Elle est versée aux familles au nom denfants admissibles au crédit dimpôt pour personnes handicapées. Elle permet de tenir compte des besoins particuliers des familles à revenu faible et modeste avec un enfant handicapé.
Pour lannée de prestations qui sétale de juillet 2004 à juin 2005, les bénéficiaires admissibles reçoivent leur Prestation pour enfants handicapés, qui peut atteindre 1 653 $ par enfant admissible, conjointement avec la PFCE versée chaque mois. La totalité de la Prestation pour enfants handicapés de 1 653 $ est versée pour chaque enfant admissible aux familles dont le revenu net est inférieur au revenu au-delà duquel le supplément de la Prestation nationale pour enfants est nul, soit 35 000 $ en juillet 2004 pour les familles avec trois enfants ou moins.
Au-delà de ce niveau de revenus, la Prestation pour enfants handicapés est réduite. Elle tombe à zéro quand le revenu familial net atteint 48 549 $ pour une famille qui soccupe dun enfant handicapé, 49 564 $ pour une famille avec deux enfants handicapés, et 50 258 $ pour une famille avec trois enfants handicapés.
Dans le budget de 2003, le gouvernement fédéral projetait que la Prestation pour enfants handicapés viendrait en aide à 40 000 familles et coûterait 50 millions de dollars par année.
Le Comité estime primordial de venir en aide aux familles à revenu faible et modeste avec des enfants handicapés. La conception du régime actuel peut être améliorée.
Dabord, on peut accroître le montant de la Prestation pour enfants handicapés de manière à aider les familles à assumer les coûts additionnels liés à une incapacité. La majoration du montant de la prestation aiderait les familles qui soccupent denfants lourdement déficients. Le gouvernement fédéral devrait collaborer avec les provinces et les territoires afin que toute augmentation de la Prestation pour enfants handicapés ne réduise pas les prestations daide sociale ou les autres prestations fondées sur le revenu.
Ensuite, certaines familles qui soccupent dun enfant handicapé ne sont pas admissibles à la Prestation pour enfants handicapés. En raison du niveau de revenus relativement bas auquel la prestation est annulée (48 549 $ en 2004 pour une famille qui soccupe dun enfant admissible au crédit dimpôt pour personnes handicapées), elle nest accordée quà quelques familles à revenu moyen et à aucune famille à revenu élevé.
Le Comité a songé à recommander que la Prestation pour enfants handicapés soit versée aux familles dont les revenus dépassent lactuel seuil auquel elle est annulée soit 48 549 $ en 2004 pour une famille qui soccupe dun enfant admissible au crédit dimpôt pour personnes handicapées. Par exemple, le plafond de revenu donnant droit à la Prestation pour enfants handicapés pourrait être le même que pour la PFCE, soit environ 95 000 $. Cette dernière option atténuerait une préoccupation soulevée par des familles à revenu moyen dont la prestation est actuellement réduite ou annulée. Elle permettrait aussi dharmoniser la conception de la Prestation pour enfants handicapés avec celle de la PFCE, qui constitue dans les faits le mécanisme de prestation pour personnes handicapées.
La PFCE est versée à la plupart des familles pour les aider à élever leurs enfants. Comme la Prestation pour enfants handicapés procure une aide additionnelle au titre des dépenses liées à lincapacité, son extension à toutes les familles soccupant dun enfant handicapé qui reçoivent actuellement la PFCE devrait être considérée comme un objectif à plus long terme. Bien quil importe daugmenter le soutien financier des familles à revenu moyen qui soccupent dun enfant lourdement handicapé, le Comité a décidé, compte tenu de contraintes budgétaires, de ne pas présenter de recommandation en ce sens.
Le Comité a cerné une autre source éventuelle de financement de cette mesure. Nous avons abordé le fait que, si la Prestation pour enfants handicapés bonifiée était accordée à la plupart des familles admissibles, le gouvernement pourrait envisager la réduction, voire labolition, du supplément du crédit dimpôt pour personnes handicapées pour enfants. Les fonds ainsi libérés pourraient être réaffectés à la Prestation pour enfants handicapés.
Labolition du supplément du crédit dimpôt pour personnes handicapées pour enfants signifierait toutefois que certaines familles à revenu plus élevé perdraient un montant modeste dallégement fiscal. En raison de leurs revenus plus élevés, ces familles ne sont pas admissibles à la Prestation pour enfants handicapés et elles perdraient la reconnaissance fiscale qui leur est actuellement accordée au moyen du supplément du crédit pour personnes handicapées pour enfants. Il faudrait tout de même préserver la reconnaissance fiscale que procure le supplément du crédit dimpôt pour personnes handicapées pour enfants. Le Comité a donc décidé de ne pas présenter de recommandation en ce sens.
Compte tenu de ce qui précède, le Comité recommande que la Prestation pour enfants handicapés soit bonifiée.
RECOMMANDATION 4.3
Le Comité recommande que :
Le gouvernement fédéral hausse le montant de la Prestation pour enfants handicapés de 600 $ afin de porter la prestation maximale annuelle de 1 653 $ à 2 253 $, et maintienne lindexation de ce montant au coût de la vie.
Le coût estimatif de cette mesure se chiffre à 15 millions de dollars par année.
Enfin, nous avons reconnu, dans le cadre de nos discussions, que les mesures fiscales pour les aidants naturels ne constituent quun volet dun ensemble plus vaste dinstruments stratégiques fédéraux. Comme nous le verrons dans le chapitre intitulé ´ Orientations futures ª, on pourrait mieux satisfaire aux besoins particuliers des aidants naturels par le biais de programmes extérieurs au régime fiscal qui offriraient des mesures de soutien et des services, à domicile et dans la collectivité.
1 Statistique Canada, Les mesures de soutien à lincapacité au Canada, 2001 tableaux, no 89-581-XIF au catalogue, 2003, p. 20.
2 Statistique Canada, Enquête sociale générale, cycle 16 : la prestation de soins dans une société vieillissante, no 89-582-XIF au catalogue, 2003, p. 14.
3 Ibid, p. 15.
4 Ibid, p. 17.
5 Ibid, p. 17.
6 Statistique Canada, Les enfants handicapés et leurs familles, no 89-585-XIF au catalogue, 2003, p. 7.
7 Dans lEnquête sur la participation et les limitations dactivités, des questionnaires distincts ont été utilisés pour les enfants de 14 ans et moins et pour ceux de 15 ans et plus. Même si Statistique Canada fournit des renseignements au sujet des 15 à 24 ans dans ses communications au public, les membres du Comité estiment quil serait utile que les données puissent être divisées en catégories de 15 à 19 ans et de 20 à 24 ans par exemple.
8 Statistique Canada, Les enfants handicapés et leurs familles, no 89-585-XIF au catalogue, 2003, p. 11.
9 Statistique Canada, Les mesures de soutien à lincapacité au Canada, 2001 tableaux, no 89-581-XIF au catalogue, 2003, p. 20.
10 Des crédits additionnels sont accordés par les provinces et les territoires. Tous les montants indiqués sont indexés au coût de la vie.
11 Le crédit pour personne à charge admissible sappelait auparavant ´ équivalent du montant pour conjoint ª.
12 Statistique Canada, Enquête sociale générale, cycle 16 : la prestation de soins dans une société vieillissante, no 89-582-XIF au catalogue 2003, p. 15.
13 Centre de recherche Décima, Profil national des personnes soignantes au Canada 2002, 2002, pp. 24-26.
14 Les frais médicaux réclamés au nom dun enfant mineur sont groupés avec ceux du contribuable et de son conjoint ou de son conjoint de fait, sous réserve du seuil des dépenses minimales du contribuable (le moins élevé de 3 % du revenu net du contribuable et de 1 813 $), sans tenir compte du revenu de lenfant mineur, tel que proposé dans le budget fédéral de 2004.
15 Les particuliers sont tenus de convertir un REER en FERR ou dacquérir une rente au moyen de lépargne détenue dans leur REER avant la fin de lannée de leur 69e anniversaire de naissance. Même si les cotisations aux FERR ne sont pas permises, le revenu de placement continue de saccumuler avec report dimpôt. Cependant, des retraits minimaux dun FERR doivent commencer lannée suivant la conversion dun REER. Ces règles visent à ce que lépargne accumulée dans un REER serve à produire un revenu de retraite, conformément à lobjectif de base du report de limpôt.
16 Statistique Canada, Les enfants handicapés et leurs familles, no 89-585-XIF au catalogue, 2003, p. 6.
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